L’utilitaire, lancé à 74 km/h, a projeté les deux garçons du groupe, Mario Simon-Mondin, 20 ans, et Thom Drillaud, 15 ans, à plus d’une vingtaine de mètres. Le premier est mort sur le coup. Le deuxième est décédé 1 h 15 plus tard dans l’hélicoptère qui le transportait en urgence à l’hôpital.
Ce jeudi 19 février, à la barre du tribunal correctionnel de La Rochelle, le conducteur de l’utilitaire âgé de 32 ans est poursuivi pour homicides involontaires. Celui qui ne conduisait ni sous l’emprise d’alcool ni de stupéfiant, et qui ne manipulait pas son téléphone, est constant dans ses propos : « J’avais mis le régulateur de vitesse, je me suis déporté sur la gauche pour dépasser le groupe mais j’ai été surpris par un véhicule qui arrivait en face. J’ai été contraint de me rabattre. Tout s’est passé si vite… Je n’ai pas voulu l’accident. »

Archives Carine Mayau
Un vide immense pour les familles
Plusieurs automobilistes témoignent que le groupe de piétons, composés des deux victimes et de leurs compagnes, marchait sur cette route sans trottoir, dos à la circulation, ils chahutaient. L’un d’eux avait dû faire un écart pour les éviter, un autre avait klaxonné plusieurs fois. « Il faisait souvent cette route à pied, explique à la barre la sœur de Thom. Il n’avait jamais rien eu. » Elle raconte aussi, en larmes, son arrivée sur les lieux de l’accident, « j’ai porté les premiers secours, j’ai essayé de le sauver. J’ai vu que Mario était décédé, mais Thom était encore en vie. »
« C’était mon fils unique, il me manque beaucoup. Je ne peux pas pardonner, ça aurait pu être évité »
Mario, projeté à 25 mètres, orphelin de mère à 7 ans, a laissé un vide immense pour son père. « C’était mon fils unique, il me manque beaucoup. Je ne peux pas pardonner, ça aurait pu être évité. »
Trois points sur le permis
S’il est établi que les décès ont été provoqués par l’accident, le coursier a-t-il commis une faute d’imprudence ? Son avocat, Me Marc Makpawo, estime que non. « L’autre choix, c’était de ne pas se rabattre et de percuter le véhicule en face, un danger imminent qu’il a voulu éviter », plaide-t-il. Le conducteur n’avait plus que trois points sur le permis à cause de nombreux excès de vitesse. « Il avait un comportement dangereux pour les autres et pour lui-même, avance pour sa part le Ministère public. Sa ceinture était bouclée derrière le dos, il faisait la course à la livraison. C’est bien son imprudence qui est à l’origine de l’accident. » 18 mois de prison totalement assortis du sursis simple et l’annulation du permis avec interdiction de le repasser avant un an sont requis.

