PARIS : Municipales 2026 – Le secteur culturel exige des engagements écrits des futurs maires

Fév 13, 2026 | Paris

L’USEP somme les candidats aux municipales de 2026 de valider vingt-sept engagements fermes pour sanctuariser le service public de la culture.

C’est une offensive structurée et déterminée que lance aujourd’hui l’Union syndicale des employeurs du secteur public du spectacle vivant (USEP). Alors que la campagne pour les élections municipales de 2026 s’accélère, les principales forces syndicales du secteur, regroupant le Syndeac, Scène Ensemble et Les Forces Musicales, refusent de voir la culture reléguée au rang de variable d’ajustement ou de simple supplément d’âme pour les programmes électoraux.

Représentant près de 70 % de la branche du spectacle vivant subventionné, soit 110 000 salariés et plus de 900 entreprises, l’USEP entend peser de tout son poids dans le débat local. Le constat de départ est sombre : les services publics locaux subissent une fragilisation historique. Face à ce péril, les professionnels passent à l’action en interpellant directement les prétendants aux mairies via une plateforme dédiée, accessible sur le site culture et municipales 2026 (https://culture-et-municipales2026.fr/).

Des réponses attendues avant le 9 mars

La démarche se veut aussi méthodique que contraignante. Loin des vagues promesses de tribune, l’organisation a élaboré un questionnaire précis comportant vingt-sept points d’engagement. Trois cents candidats, identifiés par les délégations régionales des syndicats, sont ciblés en priorité pour engager un dialogue direct. Cependant, le dispositif est ouvert à l’ensemble des têtes de liste de France, qui ont jusqu’au 9 mars 2026 pour rendre publiques leurs positions.

La méthodologie est stricte : les candidats doivent répondre par « Oui », « Non » ou « Je ne me prononce pas » à des questions couvrant la gouvernance, le financement ou encore la liberté de programmation. « Le service public de la culture ne peut reposer sur des déclarations d’intention », martèle l’USEP dans son communiqué, exigeant des « engagements clairs, écrits, assortis d’indicateurs vérifiables ».

La culture, pilier non négociable

Au cœur des revendications figure la reconnaissance de la culture comme « service public essentiel », au même titre que l’éducation ou la santé. L’USEP demande aux futurs édiles d’instaurer une gouvernance partagée via la création de Conseils locaux de la culture, associant élus, professionnels et citoyens. L’objectif est de sortir d’une gestion unilatérale pour aller vers l’élaboration de schémas municipaux de développement culturel, fondés sur des diagnostics territoriaux réels.

Le volet financier constitue le nerf de la guerre. Les employeurs du spectacle vivant réclament la fin de la politique du « coup par coup ». Ils exigent que les subventions de fonctionnement et les conventions pluriannuelles soient privilégiées au détriment des appels à projets ponctuels, jugés précarisants. L’enjeu est de garantir une stabilité budgétaire sur la durée totale du mandat 2026-2032, voire d’augmenter les budgets pour soutenir l’emploi artistique.

Sécuriser les financements et la liberté

L’autre ligne rouge tracée par les syndicats concerne la liberté de création. Dix ans après la loi LCAP de 2016, ce principe reste fragile sur le terrain. Le questionnaire demande aux candidats de s’engager formellement à respecter la distinction entre les préférences politiques des élus et les choix artistiques des directions de lieux culturels.

Les questions 10 à 15 du document sont sans équivoque : les futurs maires doivent garantir l’indépendance artistique et protéger les œuvres contre toute tentative de censure, « d’où qu’elles proviennent ». L’USEP va plus loin en demandant que le Contrat d’Engagement Républicain (CER) ne soit pas utilisé comme un outil de pression sur les contenus.

Accessibilité et transition écologique

Enfin, le questionnaire aborde les défis sociétaux contemporains. Sur le plan de l’accessibilité, l’objectif est de garantir une offre culturelle professionnelle à moins de trente minutes de chaque habitant, de financer la médiation de proximité et de maintenir des politiques tarifaires solidaires.

La transition écologique n’est pas oubliée : les candidats sont invités à soutenir la rénovation thermique des équipements, souvent vieillissants, et à accompagner les structures dans l’éco-conception et les mobilités durables. Une manière pour le secteur de rappeler que si la culture est un combat politique, elle est aussi un acteur concret de l’aménagement et de l’avenir des territoires.