Depuis quelques années, la notion d’extractivisme s’ancre dans le vocabulaire des humanités environnementales pour désigner des processus d’appropriation et d’exploitation de ressources naturelles pour alimenter le système capitaliste global. Le phénomène qui consiste à extraire des ressources des sous-sol des pays en périphérie du système capitaliste n’est pas nouveau et certains font remonter les origines de l’extractivisme au fait colonial (Acosta, 2012) et à la division internationale du travail dans le système-monde (Wallerstein, 1974 ; Amin, 1976). Mais alors comment expliquer que ce néologisme ne se soit imposé que très récemment ? Le mot a été forgé dans les années 2010 à un moment où la nouvelle gauche latino-américaine est tiraillée entre des ambitions écologistes post-extractivistes et des projets de développement des économies locales à partir d’une exploitation nationale des ressources naturelles. Largement mobilisé par les penseurs décoloniaux, ce mot s’est répandu au fur et à mesure que les théories critiques d’Amérique Latine faisaient l’objet de réceptions académiques et militantes aux Etats-Unis, en Europe et en Afrique. Cela dit, si le terme résonne aujourd’hui si fortement APPEL A COMMUNICATIONS Face aux extractivismes/ Arts et littératures c’est aussi parce que depuis une quinzaine d’années l’économie mondiale est particulièrement extractive. De nouvelles formes d’extraction minière sont en plein essor. Celles-ci ne s’intéressent plus seulement à l’or, au cuivre et à l’étain, mais bouleversent de nombreux équilibres écosystémiques et géopolitiques pour extraire coltane, cobalte, lithium, tantale, terres rares et autres minéraux dont dépend le développement de nouvelles technologies de la communication, du transport et de l’énergie dite verte (Izoard, 2024).
L’intérêt que suscitent aujourd’hui les approches en termes d’extractivismes peut également être compris comme une réponse à l’échec des gouvernements dans la lutte contre le réchauffement climatique. Pendant ces quinze dernières années, malgré la succession annuelle des COP et les mobilisations citoyennes, la communauté internationale n’est pas parvenue à mettre un terme aux émissions de gaz à effet de serre et notamment parce qu’elle s’est bornée à prôner une réduction de la consommation d’énergies fossiles, sans en interdire l’extraction (Kuhne, 2023). Aborder les questions écologiques depuis l’extraction de matières permet de déplacer la focale pour identifier les acteurs qui profitent de la production toujours croissante de combustibles fossiles – charbon, pétrole, gaz – et donc aussi des liens que les systèmes extractivistes entretiennent avec une certaine pratique du pouvoir (Scott, 2017 ; Malm, 2016). Enfin, parler d’extractivismes permet d’ancrer la réflexion sur l’échelle locale en rendant visibles les territoires qui en subissent les conséquences désastreuses et les nouvelles formes de lutte écologiste qui émergent pour les défendre (Svampa, 2019 ; Ouassak, 2023).
En mai 2025, l’Universitat de Lleida et l’Universitat de Barcelona organisaient un premier congrès international « Art contemporani i cultura extractivista ». Cet évènement entendait élaborer un cadre analytique et conceptuel de l’extractivisme, compris non seulement comme un phénomène sectoriel, mais aussi comme un régime historique d’accumulation, de gouvernement et de production de subjectivité. A partir d’un noyau théorique qui articulait colonialisme, modernité et capitalisme global (Harvey, 2003; Mignolo, 2007; Quijano, 2014), ce congrès abordait l’extractivisme comme une logique transversale de dépossession des ressources naturelles, des territoires, des corps, des savoirs et des formes de vie. Il élargissait la définition de l’extractivisme au-delà de l’activité minière et l’industrie des énergies, et proposait une vaste cartographie des extractivismes — naturel, socioculturel, épistémologique, biotechnologique et digital — qui permettait d’analyser la continuité structurelle entre colonialité, capitalisme avancé technosciences contemporaines (Gómez Barris, 2017; Segato, 2013; Mezzadra y Neilson, 2017; Terranova, 2004). Selon cette approche, l’art contemporain apparaissait comme un dispositif critique capable de visibiliser, problématiser et reconfigurer les infrastructures matérielles, symboliques et affectives qui soutiennent l’extractivisme global (Braidotti, 2009; Gudynas, 2014; Acosta y Martínez, 2009). APPEL A COMMUNICATIONS Face aux extractivismes/ Arts et littératures
Axes de l’appel à communication :
La deuxième édition de ce congrès, « Arts et littératures face aux extractivismes », qui aura lieu à Paris les 1,2 et 3 juin 2026, propose d’opérer deux déplacements. Un déplacement géographique et linguistique d’abord, détachant la notion d’extractivisme du contexte linguistique hispanophone qui l’a vue naître pour évaluer jusqu’à quel point elle peut résonner avec les réalités des mondes post-coloniaux francophones et anglophones. Ensuite, un déplacement de la frontière disciplinaire pour accueillir, au-delà de l’art contemporain, d’autres champs de la connaissance et de la création. Il s’agit d’élargir aux praticien.nes et spécialistes des arts visuels – cinéma, documentaire, bande dessinée, publicité – et des différentes formes du fait littéraire – écrivain.es, metteur.euses en scène, scénaristes, critiques. Depuis quelques années, des alliances entre les mondes de la recherche dans ces différents domaines donnent lieu à des analyses culturelles fécondes, notamment sur les questions environnementales. Comme « La compañía » (Gerber, 2019) qui est à la fois récit, album photographique et installation, ou le parcours créatif de Sinzo Aanza, qui, de Génalogie d’une banalité (2015) à Plaidoirie pour vendre le Congo (2020), explore successivement le roman, la dramaturgie et les arts visuels, les œuvres qui émergent des contextes extractivistes sont souvent à la croisée de plusieurs disciplines de la création, jouant avec le texte et l’image, l’espace et le temps, l’archive et l’imagination. Il faut se doter d’approches transdisciplinaires et ouvertes pour pouvoir les aborder dans toute leur plénitude. C’est pourquoi nous proposons d’aborder ce congrès autour de trois axes thématiques complémentaires.
I. Arts et littératures dans les cultures extractivistes
En premier lieu, il ne s’agira non seulement de poursuivre l’effort de définition et d’essai de la notion d’extractivisme, mais de mieux comprendre les relations que les arts et les littératures entretiennent avec le fait extractif, de saisir leurs positions relatives dans le champ de forces de l’extractivisme contemporain. En effet, pour certain.es auteur.es, l’histoire de la modernité est celle de l’implantation à l’échelle planétaire de systèmes extractivistes, comme l’économie de plantation (Walvin, 2018), le Plantacionocène (Haraway, Tsing, 2015 ; Ferdinand, 2019) ou les démocraties fossiles (Mitchell, 2011). Selon le groupe de recherche Petrocultures, « les énergies fossiles ont aussi façonné nos valeurs, nos pratiques, nos habitudes, nos croyances et nos manières de sentir ». (Szeman, Badia, 2015) qui s’articuleraient aux constructions sociales les plus intimes, comme le genre (New Dagett, 2023). Pour d’autres, enfin, contrairement à l’extraction, qui désigne uniquement le processus matériel, l’extractivisme serait déjà une culture en soi, un ensemble de dispositifs politiques et idéologiques (Szeman, Wenzel, 2021). Alors, que ce soit par la littérature (Le Ménager, 2015) la publicité ou la photographie (Barricarte, APPEL A COMMUNICATIONS Face aux extractivismes/ Arts et littératures Vindel, 2025) ou les arts visuels (Nesselrod Moncada, 2023), quel rôle jouent les arts et les littératures dans la construction de ces cultures extractivistes ?
II. Arts et littératures comme extractivismes
Dans un deuxième moment, nous verrons que certaines approches des arts et des littératures peuvent apparaître comme des formes d’extractivisme culturel. Dans un article de 2014, Eve Tuck et K. Wayne Yang reviennent sur les problèmes que soulève la recherche-création dans des communautés indigènes périphériques, considérées comme « Autres » par des artistes qui entendent faire des œuvres destinées à des publics hégémoniques (Tuck, Yang, 2014). L’article dessine les contours de ce qu’on pourrait appeler un extractivisme artistique qui aurait quelque chose à voir avec l’extractivisme épistémique et ontologique (Grosfoguel, 2016) ou l’extractivisme culturel (Simpson, Klein, 2012). Plus récemment, la manière dont les musées hégémoniques ou les marchés d’art occidentaux ont spéculé avec les valeurs marchandes de l’art amazonien contemporain peuvent aussi être considérés comme des formes d’extractivisme culturel (Villar, 2025). D’une certaine manière, cela rejoue le geste de la déprédation, l’appropriation et l’extraction des ressources artistiques des peuples colonisés et leur exportation massive vers les collections des musées métropolitains à l’époque des conquêtes coloniales (Sarr, Savoy 2018). Si la question contemporaine des restitutions est l’une des formes de réparer l’extractivisme artistique de l’ère coloniale, reste à savoir ce qu’il reste d’extractif dans les approches contemporaines de l’art et de la littérature et ce que pourrait signifier une recherche-création non extractive (Sebastiani, Veinguer, 2024).
III. Arts et littératures contre (et par-delà) les extractivismes
Enfin, il s’agit de savoir comment et jusqu’à quel point les arts et les littératures peuvent devenir des outils critiques contre les extractivismes. De la description réaliste des rouages des industries minières, puis pétrolières, aux déplacements théoriques et affectifs provoqués par la science-fiction écologiste ou Cli-fi (Puranen, 2022), en passant par l’ensemble d’articulations que les artistes visuels parviennent à nouer avec les luttes territoriales contre les grands projets extractifs (Serafini, Merlinsky, 2020), les arts et les littératures permettent de mieux percevoir et connaître les logiques de l’extractivisme. Reste à savoir où s’arrête le pouvoir d’opposition des arts et des littératures entendus comme armes critiques, et comment ils peuvent s’articuler à d’autres pratiques militantes pour avoir une effectivité politique (Quiroz, 2021). Dans tous les cas, il est certain que le travail des imaginaires en résistance porté par les arts et les littératures contemporaines contribuent à générer l’attente de futurs décroissants par les sobriétés heureuses – une autre manière de dire des avenirs libérés des logiques extractivistes et productivistes. Il y va ainsi non seulement de l’avenir des humanités (Citton, 2010), mais d’un avenir par les humanités.
—
A propos du réseau LAE (Littératures, arts, extractivismes)
Suite au premier congrès « Art contemporain et culture extractiviste » nous avons constitué un groupe de travail pour poursuivre la réflexion autour de la persistance de logiques coloniales dans les processus d’appropriation matérielle et symbolique, tout comme sur les résistances, savoirs et affects qui émergent dans les territoires marqués par la dévastation écologique et sociale. Nous avons organisé trois séminaires internationaux, en octobre 2025, février 2026 entre Barcelone et Paris, pour ouvrir un espace d’échange entre chercheuses et chercheurs, artistes et activistes, travaillant depuis l’histoire de l’art, la littérature, la sociologie, l’écologie politique, les études décoloniales et les humanités environnementales. Notre groupe veut favoriser une analyse critique des relations entre production culturelle et économies extractives à partir d’un dialogue interdisciplinaire, une compréhension des approches artistiques des formes contemporaines d’extraction. Il s’agit également d’accompagner des pratiques artistiques et scientifiques critiques envers l’expansion du capitalisme global.
Christian Alonso, David Castañer, Fortunata Calabro, Christian Galdón, Alessia Gervasone, Palmira Páramo, Benoît Turquety.
—
Envoi des propositions :
Cet appel s’adresse aussi bien aux chercheuses et chercheurs en sciences environnementales, sciences humaines, arts et littératures, qu’aux curateur.ices, acteur.ices culturelles, artistes et activistes.
Chacune des propositions devra choisir un ou plusieurs des trois axes mentionnés dans l’appel et devra comporter :
– Titre provisoire
– Nom de l’auteur et rattachement scientifique (si c’est le cas)
– Mention de l’axe/des axes choisis
– Brève présentation de la conférence (300 mots maximum, sans compter la bibliographie)
– Brève présentation de l’auteur.e (150 mots maximum)
Les propositions peuvent être présentées en français, anglais et espagnol, langues dans lesquelles se tiendra le colloque.
Elles doivent être envoyées à l’adresse suivante : extractivisms2@gmail.com
Échéances : les propositions doivent être envoyées avant le 30 mars 2026. Les notifications d’acceptation seront envoyées avant le 13 avril.
Le comité APPEL A COMMUNICATIONS Face aux extractivismes/ Arts et littératures organisateur ne peut malheureusement pas prendre en charge les frais de transport et d’hébergement des participant.es.
Modalités du colloque : les présentations orales se feront en participation présentielle et seront calibrées pour durer vingt minutes maximum. Il peut s’agir également de performances et projections de court-métrages et moyenmétrages.
Critères de sélection : les propositions seront évaluées par le comité scientifique en fonction des critères suivants: originalité et portée de la proposition, pertinence du sujet, précision et clarté dans la présentation des objectifs, des approches, des méthodologies et des résultats, démarche critique et novatrice.
Pour toute autre question, vous pouvez écrire à extractivisms2@gmail.com
—
Bibliographie
AANZA, Sinzo, 2015, Généalogie d’une banalité, La Roque d’Anthéron, éd. Vents d’ailleurs.
ACOSTA, Alberto, 2012. « Extractivismo y neoextractivismo, dos caras de la misma maldición » in Eco portal, 2012. Disponible sur https://www.ecoportal.net/temas-especiales/contaminacion/extractivismo_y_neoextractivismo_dos_caras_de_la_misma_maldicion/
ACOSTA, Alberto, MARTINEZ, Edgardo, (Ed), 2009. El buen vivir. Una vía para el desarrollo. Quito, Abya-Yala.
AMIN, Samir, 1976. L’Impérialisme et le développement inégal, Paris, éditions de Minuit.
BARRICARTE, Gemma, VINDEL, Jaime, 2025. Aquí hay petróleo, exposition eu Círculo de Bellas Artes, Madrid.
BRAIDOTTI, Rosi, 2009. Transposiciones: Sobre la ética nómada, Gedisa,Barcelona.
CITTON Yves, 2010. L’avenir des humanités, Économie de la connaissance ou cultures de l’interprétation ?, Paris, La découverte.
FERDINAND, Malcom, 2019. Une écologie décoloniale, Penser l’écologie depuis le monde caribéen, Paris, Seuil.
GUDYNAS, Eduardo, 2014. Derechos de la naturaleza. Ética biocentrada y políticas ambientales, Lima, Centro Latino Americano de Ecología Social.
GROSFOGUEL, Ramón, 2016. « Del extractivismo económico al extractivismo epistémico y ontológico », in Revista internacional de Comunicación y Desarrollo, n.4, 33-45. https://revistas.usc.gal/index.php/ricd/article/view/3295
GOMEZ-BARRIS, Macarena, 2017. The extractive zone: Social ecologies and decolonial perspectives. Durham / London, Duke University Press.
GERBER BICECCI, Verónica, 2019. La compañía, Ciudad de México, Pepitas.
HARAWAY Donna et al., 2016. « Anthropologists Are Talking – About the Anthropocene », Ethnos, vol. 81, n°3, p. 535-564.
HARVEY, David, 2003. The new imperialism, Oxford, Oxford University Press. IZOARD, Celia, 2024. La ruée manière au XXIème siècle. Enquête sur les métaux à l’ère de la transition, Paris, Seuil.
KÜHNE, Kjell, 2023. Defusing carbon bombs – Analysing activism to keep fossil fuels in the ground. PhD thesis, University of Leeds.
LE MENAGER, Stéphanie, 2015. Living Oil: Petroleum culture in the American Century, Oxford, Oxford University Press.
MALM, Andreas, 2016. Fossil capital : The Rise of Steam Power and the Roots of Global Warming, London, Verso.
MEZZADRA, Sandro; NELSON, Brett, 2017. «On the Multiple Frontiers of Extraction: Excavating Contemporary Capitalism». Cultural Studies, 2017, disponible sur : http://dx.doi.org/10.1080/09502386.2017.1303425
MITCHELL, Timothy, 2011. Carbon democracy, political power in the age of oil, London, Verso.
MIGNOLO, Walter, 2007. La idea de América Latina: La herida colonial y la opción decolonial, Barcelona: Gedisa.
NESSELRODE MONCADA, Sean, 2023. Refined Material: Petroculture and Modernity in Venezuela, Oakland: University of California Press.
NEW DAGETT, Cara, 2023, « Pétromasculinités », Paris, La Découverte.
OUASSAK, Fatima, 2023. Pour une écologie pirate, et nous serons libres, Paris, éd. la Découverte.
PURANEN, Emma Johanna, 2022. «The ethics of extractivism in science fiction», in Strange Horizons, disponible sur https://strangehorizons.com/wordpress/nonfiction/the-ethics-of-extractivism-in-science-fiction/
QUIJANO, Aníbal, 2014. Colonialidad del poder, eurocentrismo y América Latina». En: Quijano, A. Cuestiones y horizontes: De la dependencia históricoestructural a la colonialidad/descolonialidad del poder. Buenos Aires: Consejo Latinoamericano de Ciencias Sociales
QUIROZ, Lissell (dir.), 2021. Féminismes et artivisme dans les Amériques, XX e -XXI siècles, Mont-Saint-Aignan, Presses universitaires de Rouen et du Havre.
SARR Felwin, SAVOY Bénédicte, 2018. Rapport sur la restitution du patrimoine culturel africain, Vers une nouvele éthique relationnelle, Paris, éd. Philippe Rey.
SCOTT, James C. 2017. Against the Grain. A Deep History of the Earliest States, London, Yale University Press.
SEGATO, Rita, 2013. La crítica de la colonialidad en ocho ensayos, Buenos Aires, Prometeo.
SERAFINI Paula, MERLINSKY, Gabriela, 2020. Arte y ecología política, Buenos Aires: Clacso. Disponible sur https://biblioteca.clacso.edu.ar/Argentina/iigguba/20200827030621/Arte-ecologia-politica.pdf
SIMPSON, Lianne, KLEIN Naomi, 2012. «Dancing the World into Being: A Conversation with Idle No More’s Leanne Simpson », Yes! magazine, 03/06/2013 https://www.yesmagazine.org/social-justice/2013/03/06/dancing-the-worldinto-being-a-conversation-with-idle-no-more-leanne-simpson
SVAMPA, Maristella, 2019. Neo-Extractivism in Latin America, Socioenvironmental Conflicts, the Territorial Turn, and New Political Narratives, Cambridge University Press,
SZEMAN, Imre, BADIA Lynn (et al.) 2015. After Oil, Petrocultures research group, University of Alberta.
SZEMAN, Imre WENZEL, Jennifer, 2021. « What do we talk about when we talk about extractivism? » in Textual Practice 35 (3). https://doi.org/10.1080/0950236X.2021.1889829
TERRANOVA, Tiziana, 2004. Network culture politics for the information age, Londres / Ann Arbor: Pluto
TUCK Eve, YANG Wayne, 2014. « R-words: Refusing Research » in Humanizing research: Decolonizing qualitative inquiry with youth and communities, disponible sur https://static1.squarespace.com/static/557744ffe4b013bae3b7af63/t/557f2ee5e4b0220eff4ae4b5/1434398437409/Tuck+and+Yang+R+Words_Refusing+Research.pdf
VILLAR, Alfredo, 2025, « Sara flores, un cuento de hadas neo (colonial) » in Artishock, disponible https://artishockrevista.com/author/alfredo-villar/$
WALLERSTEIN, Immanuel, 1974. The Modern World-System, I, Capitalist Agriculture and the Origins of the European World-Economy in the Sixteenth Century, New York, Academic Press.
