Aucun flagrant délit
L’enquête est en effet tentaculaire. Les gendarmes de Charente-Maritime et de la Section de recherches de Poitiers ont mené des investigations exceptionnelles dignes d’un film d’action : balises posées discrètement sur des véhicules, sonorisation des habitacles… Mais dans ce dossier, pas de traces ADN, des voix enregistrées mais pas d’images, aucun flagrant délit. Certains objets volés et les boîtiers de démarrage ont été retrouvés dans les zones de vie du camp accessibles à tous. Bref, aucune preuve directe. « Vous n’avez pas les bonnes personnes », rebondissent les prévenus.
Les véhicules volés utilisés pour commettre les cambriolages ont permis aux enquêteurs de relier les faits les uns aux autres. Les magasins autant que les domiciles de particuliers étaient pris pour cible. Même la caserne des pompiers de Sainte-Soulle a été visitée. Une hache, un extincteur et une barre de traction avaient disparu. Les bijoux et les liquidités étaient principalement visés. La sonorisation et les caméras de vidéosurveillance ont permis d’identifier les trois prévenus, étrangement toujours présents aux alentours des cambriolages. « Coïncidences », répondent-ils.
Les aveux ne sont pas nécessaires
Aidés de la géolocalisation des véhicules en temps réel, les gendarmes n’ont pour autant pas opté pour une interpellation en flagrant délit. « Trop dangereux, répond le procureur Hervé Charles. La fuite des auteurs aurait pu entraîner la mise en danger d’autrui. »
L’interdiction de Charente-Maritime requise
Le ministère public a tout donné pour convaincre de la culpabilité des prévenus. « Les aveux ne sont pas nécessaires », estime Hervé Charles qui requiert entre trois et quatre ans de prison ferme, ainsi que l’interdiction de séjour en Charente-Maritime pour plusieurs années.

