Il y a eu, dès le 17 janvier, Isabelle Adjani dans le rôle de l’autrice, et Laure Calamy incarnant une journaliste. Il y a ces jours Emmanuelle Béart et Sophie Guillemin dans ce même face-à-face entre le savoir sacré et les contraintes de l’entretien télé. Puis suivront, jusqu’au 8 mars, Isabelle Carré, Lubna Azabal et Rosa Bursztein. Sept actrices puissantes qui, au Théâtre de l’Atelier, à Paris, donnent vie, à tour de rôle, à la parole tout aussi puissante de Cynthia Fleury.
L’idée de La Fin du courage, essai de 2010 que l’autrice adapte elle-même pour la scène? Retrouver la force morale de s’opposer à la dégradation de la démocratie, car, contrairement à ce qu’on imagine, le courage est bien plus protecteur que le découragement. Avoir du courage, ce n’est pas risquer sa peau, c’est au contraire se réparer en se réalignant à sa vision de la dignité, dit en substance la philosophe. Qui, chose rare, a l’intelligence de se moquer d’elle-même. Dans cette adaptation mise en scène par Jacques Vincey, la penseuse brocarde notamment ses phrases longues et sibyllines qui endorment le téléspectateur, puis, transformée en alpiniste, raille sa peur des hauteurs.
