Invité d’ICI Gard Lozère ce mardi 27 janvier, le président de la FNAIM Gard-Lozère est revenu sur l’état du marché immobilier dans les deux départements. Si le marché de l’ancien a retrouvé des couleurs, celui du neuf n’est toujours pas sorti de la crise.
Le Gard a connu une augmentation de ses ventes immobilières dans l’ancien en 2025. Plus de + 11% selon la FNAIM, la Fédération nationale de l’immobilier. Cette hausse intervient après trois années de crise. Elle devrait se poursuivre en 2026. Le président de la FNAIM Gard-Lozère, Romain Tissot, était l’invité d’ICI Gard Lozère, ce mardi 27 janvier, pour faire le point. Entretien.
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Vous avez les chiffres consolidés des ventes immobilières « dans l’ancien ». Le bâti de plus de cinq ans. Qu’est-ce qu’il montre ?
Le marché va mieux, déjà. C’est la première information que nous pouvons donner. Après trois années successives de baisse du volume des ventes, 2025 note une reprise pour nous. Donc, on est quand même assez satisfaits. On est entre 11 et 12 % de reprise. On parle bien du volume des ventes et pas du prix. Ça repart à la hausse, après trois années de crise majeure. On rappelle que 21 % des agences immobilières ont fermé, ont fait faillite, dans le Gard. Ce sont des chiffres assez alarmistes qui marquent le fait que nous sommes dans une crise immobilière majeure. Donc, ces chiffres de 2025, sont très positifs.
Quels sont les logements qui se vendent le plus ?
Alors, c’est très différent. Les chiffres que je vais vous donner concernent essentiellement le Gard. Nous n’avons plus d’adhérents en Lozère ; 68 dans le Gard. Pour les villes principales, j’ai des chiffres mais ce sont des moyennes. Si on prend l’exemple de Nîmes, ce qui se vend le plus, ce sont les appartements. Deux tiers des ventes concernent des appartements. Un tiers, des maisons.
Pour un appartement, le prix moyen, au mètre carré en 2025, c’est 2.062 euros. Pour les maisons, c’est 2.839 euros du mètre carré. Mais encore une fois, ce sont des moyennes, sur l’ensemble d’une ville. Pour avoir une estimation juste, selon le quartier où vous voulez acheter, on vous conseille de vous rapprocher d’un professionnel FNAIM.
Quel est le prix moyen du mètre carré, à Alès ?
Alors, sur la deuxième ville du département, on est sur des chiffres qui sont plus bas. Le prix moyen du mètre carré, pour un appartement en 2025, c’est 1.660 euros du mètre carré. Et 2.137 euros le mètre carré, pour une maison.
Et quel est le montant moyen qui est investi, pour un logement ?
Alors, ce sont des chiffres qui correspondent à la capacité d’emprunt et d’acquisition des clients. Et le chiffre moyen est juste en dessous de 200.000 euros. Ce qui est, peut-être, un chiffre bas pour l’immobilier, si on le compare à la moyenne nationale. Cette photo montre la capacité moyenne des ménages locaux à acheter sur une fourchette de prix qui est autour de 200.000 euros.
Que peut-on avoir, comme appartement, avec 200.000 euros ?
Si on reprend, justement, par rapport à ce prix moyen, on va être sur un appartement de 60-70 mètres carrés, avec deux ou trois chambres. C’est la typologie du bien qui se vend le plus, dans le Gard.
Comment se porte le marché immobilier du neuf, aujourd’hui ?
Alors, le neuf, c’est très particulier. Le neuf subit la crise la plus grave jamais connu auparavant. Il est à l’arrêt complet. Les promoteurs immobiliers, qui ont présenté leurs vœux la semaine dernière, annonçaient une baisse des mises en chantier de 45 %. Sachant que la baisse des mises en chantier est continue depuis trois ans. Donc, vous imaginez le nombre de chantiers à l’arrêt ou abandonnés, c’est considérable. Ce qui est dangereux pour nous, pour nos activités, c’est que cette activité du neuf alimente demain le marché locatif. Parce que le marché immobilier neuf est porté par les locations.
Qu’est-ce que cela signifie, que le prix des loyers pourrait augmenté ?
Alors, il y a deux choses. Un : l’immobilier neuf est porté depuis 25 ans par l’investissement locatif. Les politiques de logements ont été inexistantes, ces dernières années. Ou alors, elles ont arrêté les avantages et les incitations pour l’aide à l’investissement locatif. Et donc, le fait d’avoir arrêté ces avantages et ces incitations a entraîné directement la chute des investissements. Elle a provoqué aussi le départ des investisseurs. Sans eux, les promoteurs n’avaient pas la possibilité d’atteindre leur minimum de réservations pour pouvoir lancer un programme. Donc, on s’est retrouvé avec des programmes à l’arrêt ou abandonné.
Le gouvernement vient d’ailleurs de prendre des dispositions, pour relancer le marché du neuf…
C’est vrai qu’il faut le souligner. On l’attend depuis plusieurs années. On pousse avec les différentes fédérations, bâtiment, promoteurs immobilier. Le projet de loi de finances de 2026 intègre le statut des bailleurs privés. C’est la fameuse loi Jeanbrun. On attend qu’elle soit mise en application. Elle devrait permettre de débloquer les chantiers. On risque de le payer dans les années à venir. Il y aura, peut-être un manque d’offre, et donc, une augmentation des loyers.
