À La Rochelle, la marque de vêtements L’Art-Tisse met le local et l’humain au centre de son œuvre

Jan 27, 2026 | Royan

Les trois hommes sont intimement liés à la marque. Jean-Vincent Rougier en est le cofondateur. Didier et Philippe sont deux des artistes qui ont accepté de prêter leurs œuvres pour les vêtements.

La solidarité au cœur du projet

L’Art-Tisse, « c’est un projet né avec zéro budget », explique Jean-Vincent Rougier en évoquant les difficultés rencontrées lors de la création de la marque au cours de l’année 2025. Pour la créer : « On est parti sur la solidarité et sur les interactions qu’il peut y avoir dans le milieu artistique et commercial », développe le cofondateur de la marque. L’Art-Tisse concrétise une idée de l’artiste rochelais Didier Guérandelle aux œuvres à l’approche hypersensible et anthropologique : imprimer ses œuvres sur des t-shirts. « J’ai tenté l’expérience mais c’est un gros boulot, moi je dis bravo », lance Didier à Jean-Vincent tandis que Philippe Bossi, discret sur sa chaise, acquiesce.

« En tout cas, il y a quelque chose qui nous relie : c’est la sensibilité artistique », explique le cofondateur, aussi entrepreneur et écrivain. Avec l’Art-Tisse, l’objectif est d’offrir de la visibilité aux œuvres des artistes peintres et de leur apporter un complément de revenu. En plus de celui de Didier, la marque reprend le travail de PyM, aux œuvres colorées et féministes ; de Dina, avec ses tableaux poétiques ; et de Philippe qui superpose les casquettes de peintre, de musicien, de psychologue et dont les productions sont liées à ses périples au Mexique. Les œuvres sont photographiées, retravaillées minutieusement puis imprimer sur textile.

Dans son univers, l’artiste PyM explore le rapport à soi et aux autres à travers ses Nanas naïves aux grands yeux.
Dans son univers, l’artiste PyM explore le rapport à soi et aux autres à travers ses Nanas naïves aux grands yeux.
@PyM. peintre
Madalina Dina, artiste d’art visuel.
Madalina Dina, artiste d’art visuel.
@Dina

L’exposition en galerie n’est que le début d’une grande ambition pour la marque. L’investissement d’Éric et Laurence (gérants de la galerie) dans ce projet communautaire, « ça fait du bien », révèle Jean-Vincent. Conscients que les œuvres peuvent être onéreuses, ils expliquent que « s’ils (les acheteurs) y ont été sensibles, ils peuvent se dire : je vais mettre 50 balles dans un t-shirt ou 100 balles dans un sweat et j’aurai mon œuvre, en plus je pourrai la porter ».

L’importance du local

L’Art-Tisse voit le jour à La Rochelle, entre l’air marin et la richesse artistique de la ville. Un lieu de naissance qui a son importance car la marque se veut locale. Avec des artistes pour la plupart rochelais, des photographes rochelais, une boutique de personnalisation textile rochelaise, une impression à La Rochelle ; le cofondateur d’Art-Tisse prouve que « le but, c’est déjà d’être le plus local possible ».

Marque à l’esprit libre, L’Art-Tisse s’inspire et cherche à retranscrire dans son œuvre l’histoire et le folklore rochelais. « Il y a un esprit de conquête, il y a aussi un esprit d’évasion ”, confie Jean-Vincent qui a bien connu le dynamisme du quartier Crépeau en grandissant.

Pour les artistes, notamment Didier, les espaces créatifs de La Rochelle l’anime. Il confie que le street art du Gabut fait écho aux collages qu’il réalisait à ses débuts. Ses œuvres sur les t-shirts et les sweats montrent le détournement des références pop culture pour transmettre des messages dans l’air du temps.

Un objectif bio et éthique

Dans sa conception, la marque cherche à être la plus soucieuse possible de l’environnement et des conditions de travail. « Pas de stocks, pas de déchets », assure Jean-Vincent lorsqu’il explique les raisons de la création du site Internet, un bon moyen d’avoir un aperçu des produits tout en évitant de faire des soldes.

Avec des articles ayant entre 30 à 40 % de coton recyclé, la marque ambitionne d’atteindre le chiffre symbolique des 100. Jean-Vincent ne perd pas de vue cet objectif mais regrette d’avouer : « Faire du 100 % recyclage, on n’y est pas encore ».

« Vu qu’on est une entreprise humaniste, on a fait attention à ce que les matières soient garanties par des chartes soucieuses du bien-être agricole ». L’Art-Tisse trouve son coton au Bangladesh mais cherche à s’assurer que la rémunération des agriculteurs est la plus juste pour leur travail.