Dans cette affaire, les faits ont été commis à L’Houmeau, près de La Rochelle, entre janvier 2012 et décembre 2013 sur la belle-fille du prévenu. Elle n’était alors âgée que d’à peine 7…
Dans cette affaire, les faits ont été commis à L’Houmeau, près de La Rochelle, entre janvier 2012 et décembre 2013 sur la belle-fille du prévenu. Elle n’était alors âgée que d’à peine 7 ans. L’homme travaille toujours au commissariat mais il effectue une reconversion pour élever des poules pondeuses.
Il est déjà connu de la justice. Son casier judiciaire comporte trois mentions, qui lui ont valu d’être suspendu de ses fonctions à plusieurs reprises. La jeune victime ne s’est confiée qu’en 2023 à un surveillant du lycée Valin, à La Rochelle. L’établissement a fait un signalement.
« Je souhaite juste qu’il reconnaisse les faits. Si j’ai fini par déposer plainte, c’était aussi pour protéger ma petite sœur. »
« Je lui faisais confiance », témoigne la victime, qui dénonce des attouchements sexuels et des tentatives de pénétrations digitales de son sexe faits par son beau-père, lorsqu’il venait la voir dans sa chambre le soir. Selon elle, il l’aurait également filmée sous la douche, ainsi que lorsqu’elle dormait. Ce dernier fait n’est pas contesté par le quinquagénaire. « Je l’ai bien filmé en train de dormir. C’était pour montrer à sa mère qu’elle ronflait ».
Selon la jeune femme, les faits d’attouchements se seraient produits à deux ou trois reprises. Celle-ci, soutenue par son avocat, a beaucoup de mal à contenir son émotion à la barre. « Je comprends votre détresse et salue votre courage », souligne la procureure de la République Lucile Babin.
La victime n’est pas venue battre monnaie à cette audience. « Je souhaite juste qu’il reconnaisse les faits. Si j’ai fini par déposer plainte, c’était aussi pour protéger ma petite sœur ».
Au fil des débats, le fonctionnaire de police se livre un peu plus. « Il m’est arrivé de rentrer dans la salle de bains lorsqu’elle prenait sa douche. Mais c’était juste pour lui apporter une serviette lorsqu’elle avait oublié de la prendre. » Il admet également avoir été violent avec la mère de la jeune femme, qui l’a quitté en 2017. Tout comme à l’encontre du frère de la victime.
« C’est une famille où il n’était pas simple de communiquer », remarque le ministère public. L’avocat de la jeune femme va plus loin : « il a détruit cette famille. Ma cliente a vécu un véritable traumatisme ». « C’est tristement classique, c’est la parole de l’un contre celle de l’autre. Je vous demande de croire la victime », insiste Lucile Babin.
Trois ans de prison dont 18 mois sous sursis probatoire sont requis. « Il n’y a rien dans ce dossier et des incohérences, estime la défense, qui plaide la relaxe. Il y a un lourd contexte psychologique et familial. Il sait que c’est la fin de sa carrière de policier. C’est ça l’enjeu. »

