Une légère détente semble s’amorcer sur le marché locatif hexagonal, même si la situation demeure très tendue pour de nombreux candidats. Selon le bilan publié récemment par LocService.fr, établi sur un échantillon de plus de 100 000 offres et demandes de location enregistrées au cours des douze derniers mois, « le score de tension locative sur l’ensemble de la France a fléchi de 4,8 l’année dernière à 4,69 cette année, une première depuis 2019, constate Ivan Thiébault, data analyst de cette plateforme de location et colocation entre particuliers. Mais la situation reste compliquée dans les grandes villes, comme à Lyon, où il y a douze fois plus de candidats locataires que d’offres de biens à louer. »
De même, les loyers restent orientés à la hausse (+ 0,6 % en moyenne nationale), mais moins fortement que l’année précédente (+ 3,3 %). Lors de leurs bilans annuels, les réseaux d’agences immobilières n’ont pas manqué, eux aussi, de souligner la crise que traverse le secteur.
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L’an dernier, « la demande locative a progressé de 11 %, tandis que l’offre a reculé de 13 %, relève le réseau Laforêt. Ce déséquilibre reflète à la fois le report massif des ménages ne pouvant accéder à la propriété et le renouvellement limité de l’offre en raison d’une rotation réduite des locataires. Et le retrait des investisseurs accentue l’effet ciseau entre offre et demande. »
Toutefois, les ventes dans l’ancien sont reparties à la hausse de 11 %, selon la Fnaim, notamment du fait du retour des primo-accédants. Par ailleurs, la nouvelle mouture du diagnostic de performance énergétique (DPE), entrée en vigueur au 1er janvier, change la donne : en modifiant les calculs sur la prise en compte du chauffage électrique, 700 000 à 850 000 logements sont sortis du statut de passoire thermique. Certains peuvent donc être de nouveau proposés sur le marché, même si les échéances initiales d’interdiction de mise en location (2028 pour les logements classés F et 2034 pour les E) demeurent inchangées.
Reste que le secteur de la construction n’alimente plus le marché locatif en logements neufs. Selon les données de la Fédération des promoteurs immobiliers, les ventes aux investisseurs se sont effondrées de 55 %, passant de 4 882 ventes au troisième trimestre 2024 à seulement 2 183 au troisième trimestre 2025, laissant présager moins de 10 000 ventes sur l’année, contre 40 000 à 60 000 auparavant. Et le futur statut du bailleur privé, prévu dans le projet de Budget 2026, ne sera pas salvateur s’il est trop restrictif.
