Germanier, Van Cleef & Arpels, 1083, Swatch… Sept expositions mode et design en marge de la Paris Fashion Week

Jan 22, 2026 | Paris

Hors podiums de la Fashion Week masculine automne-hiver 2026-2027, du 20 au 25 janvier, et de la semaine de la haute couture printemps-été 2026, du 26 au 29 janvier, Paris bouillonne de lieux, parfois gratuits, où la création est à l’honneur, comme la secrète collection Dior du couturier Azzedine Alaïa au cœur de deux expositions parisiennes, Joyaux dynastiques ou encore Louis Vuitton Art déco. En voici sept autres pour étancher vos soifs de connaissance en mode et design. Suivez le guide.

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« Enchanter le temps » de Van Cleef & Arpels

Jusqu’au 1er juin, la Galerie du patrimoine, au sein de la boutique du 20 place Vendôme, accueille l’exposition Van Cleef & Arpels. Enchanter le temps. Plus de cinquante créations, datées des années 1920 aux années 2000 et issues de la collection patrimoniale, sont présentées aux côtés d’une dizaine d’archives originales. Elles témoignent d’une vision poétique du temps perpétuée par la maison depuis ses origines, grâce à l’alliance de ses expertises joaillière et horlogère ainsi qu’à sa quête d’innovation perpétuelle.

La montre à gousset Magicien chinois de 1927. (VAN CLEEF & ARPELS)
La montre à gousset Magicien chinois de 1927. (VAN CLEEF & ARPELS)
La montre à gousset Magicien chinois de 1927. (VAN CLEEF & ARPELS)

On y admirera, par exemple, une montre à gousset Magicien chinois de 1927. Pièce majeure de l’œuvre horlogère de la maison, elle introduit la tradition mécanique des automates dans son répertoire créatif. Illustrant le regard porté par Van Cleef & Arpels sur les cultures orientales dans les années 1920, elle présente une innovation technique, le mécanisme autrefois appelé « bras-en-l’air », désormais connu sous le nom de « mouvement double rétrograde ». Par simple pression de la tige de remontoir ou d’un bouton dissimulé dans la lunette de la pièce, ses bras s’actionnent et indiquent, d’un côté les minutes, et de l’autre, les heures.

Débuté en 1906, le répertoire horloger de la maison est enrichi en 1929 d’une montre à secret. Pour célébrer son centenaire, la marque crée en 2006 un mécanisme horloger reflétant sa vision poétique du temps avec la collection Complications poétiques qui, aujourd’hui encore, associe expertise mécanique, matières précieuses et métiers d’art pour animer chaque cadran d’une histoire.

« Edo Tokyo Kirari », le design français inspire l’artisanat japonais, à la Galerie des Ateliers

Les collaborations entre designers de différents pays sont à l’honneur. Ainsi, depuis 2021, le programme Edo Tokyo Kirari associe chaque année designers français et manufactures japonaises afin de réinterpréter les savoir-faire traditionnels nippons. Jusqu’au 4 février,à la Galerie des Ateliers de Paris, l’expositiondévoile les pièces issues de cette collaboration entre les villes de Tokyo et Paris. Scénographiée par Jules Levasseur, elle met en lumière les créations réalisées par trois designers parisiens sélectionnés dans le réseau d’incubateurs des Ateliers de Paris – BehaghelFoiny, Hanako Stubbe et Florent Coirier –en collaboration avec six manufactures japonaises – Domyo, Glass-Lab, Kimoto Glass Tokyo, Maekawa Inden, Mori Seimenjo et Lllast – créant ainsi des ponts entre tradition et innovation.

« C’est un programme de huit mois où les entreprises et les designers commencent à travailler à distance à partir d’avril, avant de se rendre, en octobre, à Tokyo pour découvrir les premiers prototypes, les ajuster et travailler ensemble. Ces pièces ont été présentées au salon Maison&Objet de janvier avant de les valoriser, ici, dans cette exposition », explique Frédéric Bouchet, chef adjoint du Bureau du design, de la mode et des métiers d’art.

Exposition "Edo Tokyo Kirari", 2026. (BDMMA / BEHAGHEL FOINY X MORI SEIMENJO)
Exposition "Edo Tokyo Kirari", 2026. (BDMMA / BEHAGHEL FOINY X MORI SEIMENJO)
Exposition « Edo Tokyo Kirari », 2026. (BDMMA / BEHAGHEL FOINY X MORI SEIMENJO)

Profondément ancré dans le patrimoine culturel et historique japonais, l’artisanat de Tokyo (verrerie, teinture, textile, bois) dialogue avec des designers du réseau du Bureau du design, de la mode et des métiers d’art autour de la création de nouvelles formes et typologies d’objets. Cette collaboration permet aux entreprises japonaises « de se renouveler » et d’innover en mobilisant autrement leurs savoir-faire, afin de créer des objets ou créations textiles qui attirent le marché international. L’exposition, qui présente des pièces issues de l’édition 2025 ainsi qu’une sélection d’objets réalisés par les designers, est accompagnée d’un cycle de démonstrations et d’ateliers. Interpellant.

« Objets divers et variés » par Song Dong, au Bon Marché

Après le Chinois Ai Weiwei en 2016, la Portugaise Joana Vasconcelos en 2019, l’Indien Subodh Gupta en 2023, le Français Daniel Buren en 2024 ou le Brésilien Ernesto Neto en 2025, pour sa onzième invitation artistique, Le Bon Marché Rive Gauche accueille l’artiste Song Dong avec l’exposition Objets divers et variés jusqu’au 22 février. Cette figure majeure de l’art contemporain chinois explore les thèmes de la mémoire et de la transformation urbaine en intégrant des matériaux de récupération et des objets du quotidien dans son œuvre. Sa pratique artistique qu’il développe dans son atelier de la banlieue de Pékin couvre de multiples domaines, tels que la performance, la vidéo, l’installation, la sculpture, la photographie et la peinture. Il a fait l’objet de plus de trente expositions monographiques dans le monde, dont Projects 90 : Song Dong au Museum of Modern Art de New York (en 2009) où son œuvre Waste Not était une reproduction de la maison de sa mère et offrait une réflexion sur la consommation et l’accumulation, en déployant les effets personnels accumulés par sa mère tout au long de sa vie. L’artiste, qui a représenté la Chine à la Biennale de Venise en 2011, est habitué à exposer ses œuvres dans des lieux aussi variés que des temples, des jardins ou des espaces publics

L'artiste Song Dong au Bon Marché Rive Gauche, 2026. (BON MARCHE RIVE GAUCHE)
L'artiste Song Dong au Bon Marché Rive Gauche, 2026. (BON MARCHE RIVE GAUCHE)
L’artiste Song Dong au Bon Marché Rive Gauche, 2026. (BON MARCHE RIVE GAUCHE)

Il a conçu pour le grand magasin une œuvre d’art totale, investissant 21 vitrines, les verrières centrales, les zones autour des deux trémies, l’espace d’exposition du deuxième étage et le restaurant Primo Piano. Il transforme le bric-à-brac du quotidien en une œuvre foisonnante, un labyrinthe poétique où chaque objet raconte un peu de nous. Cette accumulation de bouteilles, de lampes et de fenêtres, loin d’être lourde et désordonnée, est particulièrement esthétique, légère et lumineuse à la fois. Un plaisir pour le regard.

« Beyond our Horizons », à la Galerie du 19M

Du 29 janvier au 26 avril, l’exposition Beyond our Horizons (Horizons partagés) investit la Galerie du 19M à Paris/Aubervilliers. Après le succès de son édition japonaise, elle revient en France dans une version repensée, célébrant le dialogue créatif entre artisans et créateurs japonais et français. À l’automne 2025, la Galerie du 19M présentait à Tokyo une expérience inédite des métiers d’art et dévoilait pour la première fois cette exposition. Après le Japon, elle s’installe à Paris pour faire découvrir des œuvres inédites, dont certaines issues de collaborations entre artisans japonais et les maisons d’art françaises résidentes du 19M (Atelier Montex, Desrues, Goossens, Lemarié, Lesage, Lesage Intérieurs, Atelier Lognon, Massaro, Maison Michel, Paloma et Studio MTX). Plus de trente artisans et créateurs français et japonais y présentent leurs œuvres et installations, dont de nombreuses créations inédites réalisées en collaboration avec les maisons. Dix nouveaux créateurs rejoignent l’édition parisienne pour poursuivre ce dialogue. « Cette exposition incarne le dialogue entre les artisans français des maisons d’art du 19M et leurs homologues japonais. Elle illustre la manière dont le patrimoine et l’innovation peuvent coexister et se nourrir mutuellement », explique Bruno Pavlovsky, président du 19M, directeur de la mode chez Chanel.

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L’exposition s’articule autour d’une réflexion commune : comment le geste et les savoir-faire, qu’ils soient hérités ou réinventés, subliment notre vision du monde, au-delà des frontières et des horizons. Fidèle à sa mission de transmission, la Galerie du 19M propose des ateliers d’initiation au geste, des rencontres, des conférences et des performances pour petits et grands.

Le jeanneur 1083 ouvre la galerie d’arts Mille-Quatre-Vingt-Trois

Le pionnier du jeans 100% fabriqué en France a ouvert sa galerie d’arts Mille-Quatre-Vingt-Trois dans sa boutique parisienne de la rue de Turenne. Engagée depuis sa création dans la relocalisation de la fabrication du jeans en France, 1083 souhaite renforcer le lien entre culture et industrie, création et production. L’objectif est de valoriser les savoir-faire, les métiers et les réalités de la fabrication. La galerie proposera quatre expositions par an, accueillant des projets artistiques en lien avec son récit de marque et au fil des collections.

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Jusqu’au 15 mars, la première exposition Répéter pour exceller est photographique : elle est issue de la vidéo, tournée à l’atelier 1083 Vosges en juin 2025, Le Vol du bourdon de Nikolaï Rimski-Korsakov, interprété à la machine à coudre, au piano et à la basse. Pensée par le designer Benoît Brissart en collaboration avec Thomas Huriez, fondateur de 1083, c’est un parallèle entre savoir-faire industriels et culture artistique. À travers des photographies extraites de la vidéo, elle met en lumière les gestes, la répétition et la précision, communs aux métiers industriels et de la musique. Un piano et une machine à coudre, présentés ensemble dans l’espace d’exposition, incarnent visuellement ce dialogue entre deux univers que la pratique et la répétition rapprochent. Après sa présentation à Paris, l’exposition circulera dans les autres boutiques 1083 en France. Intriguant.

Le Swatch Art Studio dédié à l’art contemporain

Swatch présente le Swatch Art Studio, une galerie rue de Turenne ouverte du 29 janvier au 1er février : une immersion dans l’univers artistique qui façonne son identité depuis plus de quarante ans. La marque horlogère suisse a tissé un lien étroit avec la création contemporaine via des collaborationsavec des figures majeures, de Keith Haring à Ian Davenport, aux réinterprétations d’œuvres iconiques issues de musées tels que le MoMA à New York ou le Louvre à Paris. Cette créativité s’incarne aussi dans des projets comme le Swatch Art Peace Hotel à Shanghai, une résidence artistique accueillant des créateurs du monde entier pour favoriser l’échange et la diversité culturelle.

Collaboration Mika et Swatch. (KUKULAKUKI)
Collaboration Mika et Swatch. (KUKULAKUKI)
Collaboration Mika et Swatch. (KUKULAKUKI)

Au Swatch Art Studio, découvrez des œuvres d’artistes internationaux (de Keith Haring à Jean-Charles de Castelbajac, en passant par Kiki Picasso, Mika) et d’artistes résidents du Swatch Art Peace Hotel, ainsi que des collaborations entre Swatch et les plus grands musées du monde. Vous pourrez tester en avant-première son nouvel outil d’intelligence artistique au Ai-Dada Lab, avant son lancement en Europe début février.

« Les Monstrueuses »,carte blanche à Kevin Germanier, en Suisse

Après avoir présenté ses collections au calendrier prêt-à-porter féminin, Kevin Germanier est désormais invité à la semaine de haute couture parisienne. Jusqu’au 22 mars, il est au Mudac (Musée cantonal de design et d’arts appliqués contemporain) de Lausanne en Suisse pour une carte blanche. Figure incontournable de la mode, ce créateur allie innovation et durabilité dans des créations qui ont su séduire au-delà des frontières helvétiques.

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Premier couturier suisse à présenter sa maison en haute couture en 2025, il incarne un renouveau nourri par les enjeux environnementaux avec un langage singulier et une attention rigoureuse aux matières et savoir-faire. Dans l’exposition sont présentées de nombreuses tenues, certaines portées par des figures iconiques de la scène artistique, des objets issus de collaborations ainsi que des créations inédites. Une vision positive portée par une pratique circulaire novatrice qui réinvente les codes de la mode.