Devant les vitrines des agences immobilières d’Ajaccio, les passants sont nombreux à s’arrêter pour inspecter les différentes annonces. Si certains biens font rêver, les prix, eux, donnent souvent le vertige.
Selon une étude de la FNAIM, le prix moyen au mètre carré en Corse s’élève à 3.396 euros pour un appartement et 3.933 euros pour une maison. Des tarifs qui varient fortement selon la localisation, le mètre carré étant en moyenne nettement plus cher en Corse-du-Sud qu’en Haute-Corse.
Malgré des prix élevés, une tendance positive se dessine. Après une année 2023 et un début 2024 particulièrement compliqués, le marché immobilier insulaire montre des signes de reprise. Les ventes repartent à la hausse et l’activité retrouve peu à peu un certain dynamisme.
« Sur l’année 2025, à Ajaccio, on observe environ 20 % d’augmentation du chiffre d’affaires, après une période catastrophique. On revient peut-être à des niveaux proches de 2021-2022« , explique Yves Menassé, agent immobilier à Ajaccio. Difficile néanmoins pour lui de s’exprimer en l’état sur ce qu’il en sera pour 2026, qui n’offre à ce stade que peu de visibilité.
« Mais on sait qu’il y a déjà eu de nombreuses faillites dans les TPE, dont les agences immobilières, mais aussi des boulangers, des électriciens ou encore des petits maçons, note-t-il. On atteint des records en 2025 de faillite, et il semble que le phénomène continue dans le même sens en 2026. Nous sommes assez inquiets.«
Cette reprise reste toutefois fragile. Le contexte politique instable, le coût élevé des crédits immobiliers et l’inflation freinent fortement l’accession à la propriété.
De nombreux Corses n’ont ainsi plus le budget. Tout particulièrement les primo-accédants, de plus en plus exclus du marché, quant à l’inverse, le secteur de la résidence secondaire continue de bien se porter.
Autre difficulté majeure : la construction de logements neufs, désormais presque paralysée sur l’île. En cause, une accumulation de contraintes administratives et réglementaires, estime Ludovic Leca, agent immobilier à Ajaccio et Cargèse.
« On a trop d’échelons. C’est très compliqué pour avoir un permis, c’est très long, et en plus en Corse aujourd’hui beaucoup de communes ne sont pas dotées de document d’urbanisme, de PLU. Entre la loi Littoral, la loi Montagne et l’absence de document d’urbanisme, l’équation est simple : on ne peut quasiment plus construire en dehors des bourgs déjà urbanisés« , souligne-t-il.
À terme, cet effondrement du secteur de la construction pourrait engendrer des tensions sur le parc locatif.
