Mohed Altrad a annoncé jeudi soir sa candidature aux élections municipales de Montpellier. Acide vis à vis de l’équipe de Michaël Delafosse, le chef d’entreprise et patron du club de rugby a dévoilé quelques mesures de son programme.
« J’ai pris une décision importante. Lourde mais nécessaire. À un moment où beaucoup choisissent le confort, j’ai choisi le combat ». C’est par ces mots que Mohed Altrad, 77 ans, a annoncé sa candidature aux prochaines élections municipales, ce jeudi soir devant environ 500 personnes réunies à Tournezy.
Un parterre dans lequel on aura pu remarquer la présence de l’ancienne secrétaire d’État aux anciens combattants Patricia Mirallès, son suppléant Philippe Sorez, le maire de Saint-Georges-d’Orques Jean-François Audrin, le sénateur Jean-Pierre Grand ou encore les élues de l’ancienne équipe de Philippe Saurel, Annie Yague et Stéphanie Jannin.
« J’ai compris mes erreurs »
Comme en 2020, le patron milliardaire septuagénaire se lance donc dans l’arène politique locale et met en avant son parcours d’entrepreneur. « Montpellier n’a pas besoin d’un politicien de plus mais d’un bâtisseur. Aujourd’hui c’est l’une des villes les plus pauvres de France, la plus endettée, c’est le résultat d’un système qui protège les siens, qui distribue les postes et les privilèges. […] On a appris à gérer la mairie comme une section du Parti socialiste », a-t-il lâché d’emblée.
Avant son intervention à la tribune, son proche, le conseiller municipal Salim Jawhari avait déjà raillé « beaucoup de communication, peu de solutions mais une facture lisible par tous ».
« Ce qui anime Montpellier c’est le dogmatisme au lieu d’être le pragmatisme. En 2020 j’étais novice au milieu de ces politiques, un monde de postures, de calculs, parfois de trahisons. J’ai compris mes erreurs. Mon parcours c’est je tombe, je trébuche mais je me relève. La vraie force c’est de savoir se relever », a ajouté le patron du club professionnel de rugby.
Maintien de la gratuité des transports
À travers cette nouvelle candidature, Mohed Altrad promet de passer « d’une politique de discours à la politique de résultats » et égrène d’ores et déjà quelques axes de son programme : doublement du parc de logements sociaux, accès à la propriété après 15 ans d’occupation, la création de « 30 000 emplois en attirant de nouvelles entreprises », un couvre-feu pour les mineurs non accompagnés de moins de 16 ans, la cantine gratuite pour les élèves et… le maintien de la gratuité des transports.
« C’est un acquis, on va le garder. Mais elle est fragile. La Métropole vit à crédit et on ne finance pas un service public de façon durable à crédit. La gratuité doit être financée par l’activité, par le travail » a-t-il indiqué sans entrer dans les détails. Pas plus qu’il n’aura précisé l’alternative à l’arrêt du projet de chaudière CSR pour le traitement des déchets. « Je refuse qu’on fasse porter un risque sanitaire à nos enfants. Le projet d’incinérateur sera abandonné définitivement ».
Les élections municipales seront le moment d’un « choix historique » assure Mohed Altrad. « Continuer avec les mêmes méthodes ou ouvrir une nouvelle ère, plus prospère, plus digne. »
