Les chiffres officiels de l’Insee sont tombés mardi : la France a enregistré moins de naissances (645 000) que de décès (651 000) en 2025. Et c’est la première fois que cela arrive dans le pays depuis 1944. Cela représente un solde naturel négatif de 6 000 personnes, alors qu’il était encore de + 200 000 personnes dix ans plus tôt.
Hasard du calendrier : l’entrepreneur Bertrand Moine vient de réaliser une étude intitulée « Logement et natalité » et sous-titrée « L’impact du blocage du marché immobilier sur la démographie française ». Sa thèse est triple : « le parc résidentiel est mal alloué entre générations et territoires », « l’insuffisance de la construction devrait aggraver la contrainte nataliste » et « l’accession bloquée et les surfaces réduites ont des conséquences sur la natalité ».
À première vue, la France ne manque pas de logements familiaux d’après l’Insee : parmi les résidences principales en 2022, 81 % disposent de trois pièces ou plus et 60 % atteignent même quatre pièces ou davantage. Sauf que selon la même source : 25 % des ménages français vivent en situation de sous-occupation très accentuée. Autrement dit, un ménage sur quatre dispose d’au moins trois pièces de plus que son besoin théorique. Pis, 85 % des logements occupés par les 65 ans et plus sont dans cette situation de sous-peuplement.
« Cette fossilisation crée un décalage temporel absurde : ceux qui ont l’espace n’en ont plus besoin, tandis que ceux qui en ont besoin n’y ont pas accès. Les jeunes couples qui tentent de passer d’un deux-pièces à un trois ou quatre-pièces pour accueillir leur premier enfant se heurtent à une offre structurellement limitée, non par manque de murs, mais parce que les murs sont déjà occupés par d’autres », écrit ainsi Bertrand Moine.
Deuxième blocage structurel : la géographie du parc locatif. Là réside un paradoxe : là où se concentrent les emplois et donc les jeunes actifs, le parc locatif s’est massivement orienté vers les petites surfaces tandis que là où les logements familiaux abondent, les bassins d’emplois se raréfient.
