En effet, à cause de la période de réserve avant une élection, une collectivité ne peut valoriser son action. Ses remerciements aux bénévoles « primordiaux pour le vivre ensemble » n’en étaient pas moins chaleureux. Car après 37 ans de mandat électif, l’édile…
En effet, à cause de la période de réserve avant une élection, une collectivité ne peut valoriser son action. Ses remerciements aux bénévoles « primordiaux pour le vivre ensemble » n’en étaient pas moins chaleureux. Car après 37 ans de mandat électif, l’édile quitte la scène. « Pour moi, c’est fini, mais j’ai adoré », confirmait le septuagénaire qui laisse à son adjoint, Rémi Justinien, socialiste comme lui, le soin de conduire la liste de la majorité sortante. « Sud Ouest » a saisi le moment pour interroger le sortant sur ce dernier mandat.
Mandat compliqué
D’emblée, il l’a qualifié de « compliqué » : « Je ne le souhaite à personne. Entre le Covid qui nous a obligés à nous retirer et la guerre en Ukraine qui a fait grimper les prix, on a dû quand même gérer. Et faire un budget sincère et à l’équilibre, contrairement à celui de la France depuis 40 ans. Nos gouvernants devraient s’appliquer à eux-mêmes ce qu’ils demandent aux autres. C’est intolérable. »

KHARINNE CHAROV / SO
La situation difficile ne l’a pas empêché de racheter, devant le tribunal, l’ancien garage en ruine en face la mairie pour le transformer en maison de santé. « Nous avons huit médecins aujourd’hui, c’est notre plus belle réussite », explique celui qui a cherché à économiser en transformant l’éclairage public avec des LED et de nouveaux pylônes et en chauffant les bâtiments de la mairie par géothermie et qui a lancé la rénovation du pont suspendu qui commencera à l’automne 2026.
« Jean-Pierre qui arrêtait me demande : “Tu en as envie ?” Et moi de lui répondre : “Je n’ai pas envie, j’y vais” »
Quitte à rembobiner, autant remonter au début. Éric Authiat est élu en 1989 ; il a 40 ans, le maire est Jean Pétraud. Très vite, sous Jean-Pierre Guillon, il occupe le poste d’adjoint à l’urbanisme, à l’aménagement du territoire et à l’environnement. « En 2014, Jean-Pierre qui arrêtait me demande : “Tu en as envie ?” Et moi de lui répondre : “Je n’ai pas envie, j’y vais”, avec mon caractère toujours dans la nuance ! »
Quelle aura été la motivation de cet ancien imprimeur ? « Construire une meilleure vie et aider les administrés pour qu’ils soient moins délaissés. À Tonnay-Charente, une des villes pauvres de la façade atlantique, ce n’est jamais gagné. Notre cité ouvrière a perdu ses industries, ça se ressent toujours. »
Devoir accompli
Le 15 mars, Éric Authiat partira « serein et tranquille, avec le sens du devoir accompli », mais sans regret : « Je ne me reconnais plus dans la société telle qu’on la dessine. » Il va s’occuper de sa famille et repartir à la pêche. Pas question de clore la liste de Rémi Justinien : « Ce serait un mauvais cadeau, les nouveaux arrivants doivent avoir les mains libres. J’ai confiance en Rémi, quand il s’est installé ici, j’ai senti qu’il me succéderait, comme une évidence. Entre nous, c’est du béton armé. »

KHARINNE CHAROV / SO

