« The Beat Goes On ! » : l’exposition sur la nuit et la culture clubbing à voir absolument à Paris

Jan 9, 2026 | Paris

Qui dit qu’il n’a pas de photos floues prises à 3 h du mat, dans un club de Paris, avec une lumière rouge qui mange les visages, un bras levé qui coupe le cadre, et un sourire trop large pour être net, ment. La nuit, on la photographie beaucoup. Mais rarement avec autant de précision, de chair, et de vérité que l’exposition de Quai de la Photo qui ouvre aujourd’hui : « The Beat Goes On ! ». Dans cette exposition à voir en janvier, la fête n’est plus qu’un décor Instagram, mais une culture, une histoire, presque une archive politique. 

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Dès les premières images, on comprend que l’on n’est pas dans un hommage nostalgique à la boule à facettes, mais dans un récit construit, intelligent et très incarné. L’exposition traverse cinquante ans de culture clubbing, des années disco new-yorkaises aux scènes contemporaines parisiennes, londoniennes ou brésiliennes, sans jamais tomber dans la leçon. Dans une salle en bas des escaliers du Quai de la Photo, on circule comme on danserait, avec cette énergie collective qui saute aux yeux. 

Qui sont les photographes derrière l’exposition ?

Les photographies racontent très bien ce que la nuit a toujours été pour celles et ceux qui l’habitent vraiment : un refuge, un laboratoire, parfois un espace de survie. Bill Bernstein capture l’âge d’or du disco où la fête était véritablement un acte de liberté, Studio 54 et Paradise Garage en tête. Karel Chladek, basé à Montréal, saisit la fusion des foules, le moment précis où l’individu disparaît au profit du collectif. Tatiana Prieto, elle, commente la nuit parisienne avec une justesse presque tendre, loin des clichés glamour. 

Meyer Flou documente la transe collective, la sueur partagée, cette énergie qui fait qu’on ne sait plus très bien où on est mais qu’on se sent bien à sa place, et, de son côté, Fanny Bardin plonge dans la techno comme dans un espace à part. En suivant la ligne de l’exposition, on découvre ensuite Tristan O’Neill qui immortalise les clubs britanniques des années jungle et UK garage, Alexandre Furcolin célèbre les scènes queer brésiliennes avec fierté, et Julien Rahmani saisit des nuits traversées par les héritages et les désirs. 

Pourquoi aller voir l’expo ?

C’est l’équilibre de « The Beat Goes On ! » qui donne envie de rester. La nuit y est belle, intense, parfois épuisante, mais jamais idéalisée. Elle est tout simplement montrée comme nécessaire. Et le lieu amplifie la sensation même : posée sur la scène, gratuite, vivante, prolongée par des DJ sets, des rencontres, et une programmation qui invite à rester plutôt qu’à consommer. Nous sortons avec une certitude toute bête : nos photos de soirées racontent des moments. Cette exposition raconte pourquoi ils comptent.