Fin 2025, les notaires observent un marché immobilier au ralenti après une rentrée plus active. Les prix restent globalement stables, mais l’envie d’acheter se tasse et la prudence domine. Ce passage à vide est-il juste saisonnier… ou le signe d’un vrai changement avant 2026 ?
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Après un regain d’activité observé à la rentrée, les notaires constatent un net essoufflement des transactions immobilières en cette fin d’année. Ce recul ne traduit pas un retournement brutal, mais plutôt un effet de compensation après des projets accélérés à l’automne.
Depuis le printemps, la dynamique reste globalement orientée à la baisse dans la majorité des régions. Le marché « tient », mais devient plus lent, avec des délais de décision qui s’allongent et des négociations plus fréquentes.
Ce ralentissement s’explique aussi par un climat d’incertitude persistant. Le flou autour du budget 2026, les arbitrages fiscaux attendus et les tensions géopolitiques incitent acheteurs comme vendeurs à temporiser.
Dans ce contexte, le marché immobilier fonctionne au ralenti sans véritable décrochage. Les projets existent, mais sont souvent repoussés, dans l’attente de signaux plus clairs sur l’évolution économique et financière.
Résultat : l’activité se contracte temporairement, sans remise en cause profonde des fondamentaux, mais avec une prudence accrue à court terme.
Les notaires observent une progression marquée des profils dits attentistes. Leur part est passée d’environ 30 % en fin d’été à près de 44 % à l’automne, avant un léger reflux attendu en décembre. Cette évolution traduit un climat d’hésitation plus qu’un renoncement définitif à l’achat.
Parallèlement, le nombre de ménages pessimistes progresse fortement. Cette bascule rapide montre à quel point les décisions immobilières restent sensibles aux annonces économiques et politiques de court terme.
Contrairement aux cycles précédents, cette prudence ne s’explique pas par un manque de liquidités. La France dispose d’une épargne financière très élevée, facilement mobilisable, qui permet aux ménages d’avancer ou de retarder leurs projets sans contrainte immédiate.
En revanche, la hausse des taux de crédit pèse sur les stratégies d’évolution résidentielle. Les ménages ayant acheté à des taux historiquement bas perdent l’avantage de faibles mensualités et hésitent à se repositionner, même en cas de plus-value.
Cette combinaison entre épargne abondante et crédit plus coûteux favorise des décisions opportunistes, avec des changements de tendance rapides selon le contexte.
Malgré la baisse d’activité, les prix immobiliers résistent. Après une légère hausse en début d’année, les variations récentes restent marginales, suggérant une stabilisation proche d’un niveau plancher. L’accès au crédit s’est amélioré, notamment pour les primo-accédants, ce qui limite les pressions baissières.
Les notaires restent toutefois prudents dans leurs projections. Une majorité anticipe encore une poursuite de la baisse ou, au mieux, une stabilité des prix pour les logements et les terrains. Le segment des locaux commerciaux apparaît plus exposé, fortement affecté par l’instabilité économique et politique.
Dans ce contexte incertain, la stratégie dominante consiste à vendre avant de racheter. Cette approche limite les risques liés à un allongement des délais de vente et à une évolution défavorable des prix. Elle reste largement recommandée pour les logements comme pour les terrains.
Cependant, une minorité d’acteurs estime que le marché a atteint son point bas. Cette vision plus optimiste conduit certains à acheter avant de vendre, en anticipant une amélioration progressive à moyen terme, notamment si le cadre budgétaire et législatif se stabilise.
À court terme, les notaires privilégient la prudence, estimant qu’un redémarrage franc du marché reste conditionné à un environnement économique plus lisible.
