Des Baladins en Agenais aux scènes parisiennes, le parcours de Benoît Lavigne salué par le prix Alphonse-Allais

Déc 19, 2025 | Paris

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Quels sont vos liens avec le Lot-et-Garonne ?

Je suis né à Agen et j’ai commencé le théâtre avec les cours de Marianne Valéry aux Baladins en Agenais. Puis je suis parti à 18 ans à Paris, comme dit la chanson, où j’ai suivi une école de théâtre, puis créé une compagnie, Les Saltimbanques. Du coup, je suis devenu metteur en scène pour le théâtre public comme privé. Et si je vis à Paris, je continue à suivre l’actualité du SUA, où a joué mon père.

Pour quelles raisons vous a-t-on décerné le Prix Alphonse-Allais ?

Je pense que c’est pour l’ensemble de mon parcours, en tant que metteur en scène mais aussi comme directeur de théâtre. J’ai commencé mes premiers spectacles à Paris il y a une trentaine d’années, avec des têtes d’affiche importantes, que ce soit Gérard Depardieu, Anouk Aimé, Jean-Pierre Marielle, Francis Huster, Cristiana Reali, Olivier Marchal, Thierry Lhermitte, Mélanie Thierry et dernièrement Denis Lavant. J’ai été honoré de ce prix, que j’ai voulu partager avec Franck Desmedt.

Vous avez quitté L’Œuvre, mais vous restez directeur du Lucernaire ? (1)

J’ai quitté tout récemment le Théâtre de l’Œuvre, que j’ai codirigé avec François-Xavier Demaison pendant dix ans. C’était une magnifique aventure, mais chronophage, et nous avons décidé de tourner la page. Lui a préféré se recentrer sur le jeu, moi sur le Lucernaire et la mise en scène.

Votre adaptation du roman de Céline, « Guerre », a été remarquée. Pourquoi ce choix ?

Céline était un affreux personnage, mais un très grand auteur. Quand ses manuscrits ont été republiés par Gallimard, je les ai lus et j’ai tout de suite pensé qu’il y avait un sujet à faire au théâtre, une adaptation très forte pour un seul en scène. Ce qui m’a touché, c’est que c’est l’histoire d’un jeune soldat qui n’a rien demandé à personne et qui se retrouve sur le front, bombardé, à devoir se battre et à tuer des gens alors qu’il a 18 / 19 ans, et qu’il est totalement innocent de ce qui se passe. Et qui se retrouve dans un conflit épouvantable d’où il va sortir blessé physiquement et traumatisé à vie ; ça faisait pour moi résonance avec ce qui se passait en Ukraine, puisque le texte a été publié en 2022. Il fallait dire l’absurdité, l’horreur, la boucherie que peut être une guerre, et ce que vivent et subissent des jeunes soldats qui n’ont rien demandé à personne.

Et vous passez actuellement à Saint-Exupéry… (2)

C’est le fait d’avoir fait « Guerre », je crois, qui a donné l’idée à Franck Desmedt de me proposer de faire la mise en scène de Saint-Exupéry, un seul-en-scène. Ce qui m’intéresse chez lui, c’est sa partie onirique, le fait que ça soit un grand adolescent. Il a une vision très romantique de beaucoup de choses, de l’amitié, de la camaraderie, de l’aviation. Il a quand même été un des pionniers de l’aéropostale avec Mermoz. Et il y a dans ses écrits quelque chose de très poétique, de très rêveur. « Terre des hommes », avec « Vol de nuit », sont ses deux plus grands livres. Et il y a la partie de l’homme plus philosophe, qui questionne le monde et son temps, aussi bien sur la politique que sur le capitalisme, que sur la société qui évolue très vite.

Quels sont vos projets ?

Après Saint-Ex, je suis intéressé par « Les Carnets d’Ukraine » , de Michel Hazanavicius, un livre très émouvant sur les soldats. J’ai aussi un projet avec Kad Merad sur « Mort d’un commis voyageur », un autre avec un texte de Véronique Olmi.

Verra-t-on vos pièces à Agen ?

On n’a pas pu faire tourner « Guerre » pour des raisons de planning, mais on serait ravi de venir jouer Saint-Exupéry à Agen…