À Paris, un geste censé être porte-bonheur sur la statue de Dalida à Montmartre fait polémique. Des élus écologistes de la capitale veulent modifier les abords de la place où se trouve le buste de la chanteuse pour empêcher les touristes de lui toucher les seins.
C’est un emblème de Montmartre. Depuis 1997, le buste de Dalida trône sur la place du même nom, à quelques rues du Sacré-Cœur. Mais voilà, la statue de l’artiste Aslan, attire aussi pour une « tradition » qui fait polémique: de nombreux touristes se prennent en photo, touchant les seins de la chanteuse, un geste porte-bonheur populaire comme en témoigne l’usure du bronze au niveau du bustier.
C’est contre ces gestes « inappropriées » que plusieurs élus écologistes ont déposé un vœu au Conseil de Paris pour afficher des panneaux pédagogiques sur la pratique et réhausser le buste afin de le mettre hors d’atteinte des mains baladeuses.
« Ces gestes relèvent d’une forme de banalisation du contact non consenti avec la représentation du corps féminin et traduisent une persistance symbolique d’appropriation du corps des femmes dans l’espace public (…) Ces mises en scène d’actes mimant une agression sexuelle participent à la culture de l’impunité », déplorent de concert les élus écolo Frédéric Badina-Serpette, Fatoumata Koné, Douchka Markovic, Émile Meunier et Raphaëlle Rémy-Leleu.
« Rien ne peut se faire sans mon accord », répond dans Le Figaro Orlando, le frère de Dalida qui se dit d’accord pour « réhausser » le buste mais refuse de mettre des pancartes ou des grilles. « Dalida appartient au public. Les gens ont besoin de rêver. (…) Il faut un peu plus de légèreté et d’humour ».
Entre « tradition » et « côté pervers », les Grandes Gueules sont divisées: « C’est marrant ces écolos qui voulaient jouir sans entrave dans les années 70, maintenant ce sont devenus des pères-la-pudeur. Les écologistes sont devenus des curés! », ironise Olivier Truchot. « Laissez faire les gens s’ils pensent que ça porte bonheur », ajoute-t-il avant de reconnaître: « Il y a un truc un peu pervers aussi de toucher les seins de Dalida ».
Pour la prof de Français des GG Fatima Aït-Bounoua, « c’est fou d’imaginer qu’un panneau ‘interdit’ suffise pour interdire. Ce n’est pas la question de la sexualisation mais celle du mythe, on touche et ça porte-bonheur ».
La statue de Dalida n’est pas la seule à porter bonheur si l’on en touche une partie. A quelques kilomètres de là, c’est la tombe du journaliste Victor Noir au Père-Lachaise qui porterait bonheur si l’on touche son entre-jambe comme le montre sa statue. Et dans de nombreuses villes, toucher les testicules apparentes d’un animal, souvent un taureau, porterait aussi bonheur.

