Rochefort : après un grave accident de moto, il finit 3<sup>e</sup> du championnat de France de para-dressage

Nov 24, 2025 | Royan

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Après un grave accident survenu en 2023, ce Rochefortais de 27 ans veut prouver que rien ne peut l’empêcher de se dépasser

Né en Saintonge, Pierre-Charles alors au sein de la Garde républicaine à Paris est victime en 2021, lors d’une formation en unité moto, d’un grave accident. « J’ai fait un soleil et l’airbag de la moto ne s’est pas déclenché lors d’un freinage à 100 km/h. » La moto lui est retombée dessus, le laissant dans un état critique, nécessitant quatre opérations, il a été alité pendant trois mois. Privé d’une carrière opérationnelle et contraint au travail de bureau, le chirurgien militaire lui annonce aussi qu’il ne pourrait « plus jamais remonter à cheval » après l’opération pour installer une prothèse totale de hanche céramique…

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Né en Saintonge, Pierre-Charles alors au sein de la Garde républicaine à Paris est victime en 2021, lors d’une formation en unité moto, d’un grave accident. « J’ai fait un soleil et l’airbag de la moto ne s’est pas déclenché lors d’un freinage à 100 km/h. » La moto lui est retombée dessus, le laissant dans un état critique, nécessitant quatre opérations, il a été alité pendant trois mois. Privé d’une carrière opérationnelle et contraint au travail de bureau, le chirurgien militaire lui annonce aussi qu’il ne pourrait « plus jamais remonter à cheval » après l’opération pour installer une prothèse totale de hanche céramique.

Face à ce verdict, Pierre-Charles a fait preuve d’une détermination hors-norme. « En salle de réveil, je lui dis dans un an je cours comme ça, vous m’autorisez à remonter à cheval. Non c’est impossible, il rigolait. » Après une phase difficile de deuil de sa vie d’avant et d’efforts de rééducation pour réapprendre à marcher avec sa prothèse, il se réfugie dans le sport. En septembre 2022, quelques mois après son retour dans la région de Rochefort, il réalise son défi : courir les 7,5 km des Foulées des Salines à La Rochelle.

Ce succès lui a permis d’obtenir l’autorisation de remonter en selle. « Je suis né avec des chevaux, mes grands-parents avaient un élevage, j’ai besoin du cheval », insiste le gendarme. Il reprend l’équitation en février 2023, mais se heurte d’abord aux réticences de certaines écuries qui ne sont pas équipées ou n’ont pas de chevaux adaptés pour son handicap. Après avoir réussi à monter une jument et à se qualifier pour les championnats de France, il subit un coup dur lorsque la jument retourne chez son propriétaire. C’est sans compter sur la générosité de la Garde républicaine qui lui propose une expérience unique : « On a fait l’expérimentation […] je suis retourné une semaine à la Garde » pour essayer un cheval et potentiellement concourir en uniforme. Cette période fut chargée d’émotion : « Ça fait hyper bizarre de retourner dans son unité […] et d’être en uniforme sur un cheval, c’était sympa, mais aussi dur à porter parce qu’il y a quand même le regard des autres ». À Saint-Lô, Pierre-Charles, en amateur grade 5, décroche le titre de champion de France en uniforme. Et il rencontre celle qui partage désormais sa vie, Lisa Cez, cavalière paralympique aux JO de Paris et fondatrice de l’association Dressagement Vôtre.

Ferdinand, le pari gagnant

Après cette victoire symbolique, Pierre-Charles est déterminé à continuer avec son propre cheval. En mars 2024, il achète Ferdinand, un jeune cheval de 7 ans. Cet achat était un pari risqué car Ferdinand était « très vert » et l’éducation d’un tel animal est déjà difficile même sans handicap. En équitation, Pierre-Charles bénéficie d’aides compensatrices, notamment une selle adaptée coûtant 4 500 euros et un long stick pour compenser l’usage de sa jambe droite qu’il ne peut pas lever.

Compétiteur dans l’âme, il a dû s’assurer que Ferdinand acceptait ses contraintes physiques. Lors de l’essai, il a volontairement provoqué les « pires situations », en se mettant au pied du cheval, en se tenant à ses membres, pour tester les réactions de l’animal. Le travail a été intensif avec cinq séances de monte par semaine et surtout le soutien de sa hiérarchie, les aides d’entrepreneurs locaux comme Univers remorque à Lussant, le sellier Antarès aux Gonds et l’association d’aide aux militaires Tego. Il a été encadré localement par Margaux Maurice, monitrice diplômée d’état et propriétaire des écuries des Palmiers à Ciré-d’Aunis, devenue désormais référente départementale en para-dressage. Le choix se révèle le bon car tout le monde trouve « de l’allure et du potentiel » à Ferdinand.

Début novembre 2025, Pierre-Charles et Ferdinand ont participé aux championnats de France para-dressage à Saint-Lô. L’objectif était avant tout d’obtenir « un avis du staff fédéral » sur le potentiel de Ferdinand.

  • Lors de l’édition 2025 des championnats de France de para-dressage à Saint-Lô, le duo termine 3e
    Lors de l’édition 2025 des championnats de France de para-dressage à Saint-Lô, le duo termine 3e
    P.-C. L.
  • Lors de l’édition 2025 des championnats de France de para-dressage à Saint-Lô, le duo termine 3e
    Lors de l’édition 2025 des championnats de France de para-dressage à Saint-Lô, le duo termine 3e
    P.-C. L.
  • Lors de l’édition 2025 des championnats de France de para-dressage à Saint-Lô, le duo termine 3e
    Lors de l’édition 2025 des championnats de France de para-dressage à Saint-Lô, le duo termine 3e
    P.-C. L.

Le résultat fut au-delà de ses espérances. Non seulement sur six participants, le duo termine 3e du championnat de France mais l’entraîneur fédéral Carlos Lopez et la directrice technique nationale l’ont approché à la sortie de l’épreuve. « Je pleurais dans les bras de mon cheval parce que j’étais hypercontent qu’on en soit arrivé là. Et ils nous ont dit : « On adore ton cheval et on aimerait que tu fasses les stages d’hiver de préparation pour débuter les internationaux » ».

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