Saintes : comprendre l’humusation, « un retour au vivant » après la mort

Nov 18, 2025 | Royan

La loi du 15 novembre 1887 dit que toute personne devrait avoir droit à des funérailles en lien avec ses valeurs »
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Parmi les sujets que l’association développe, il y a « l’humusation » ou « la terramation » des défunts, deux mots pour parler du compostage funéraire du corps humain. Il sera au cœur de la conférence donnée jeudi soir 20 novembre, quelques jours après la projection du documentaire « Compostez-moi », disponible sur arte.fr. Près de 70 personnes se sont déplacées à l’Atlantic Ciné.

La terramation est un processus de décomposition du corps directement dans la terre. Elle n’est pas autorisée en France mais cette alternative à la crémation ou à l’inhumation suscite un intérêt croissant. Une enquête du Credoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie) de 2024 indique que, si cette pratique était autorisée, 20 % des personnes interrogées recourraient éventuellement à l’humusation.

La science y jette également un œil avec le concours de deux chercheurs : Sacha Kacki, archéo anthropologue à l’université Bordeaux-Montaigne, chargé de recherche au CNRS au laboratoire Pacea, et Damien Charabidze, professeur à l’université de Lille et au Centre d’histoire judiciaire du CNRS, et spécialiste en décomposition des corps par les insectes nécrophages. Ils travaillent entre autres avec l’association Humo Sapiens, qui plaide pour la reconnaissance de la terramation en France.

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Le chargé du plaidoyer d’Humo Sapiens, Albert de Pétigny, interviendra aux côtés de Sacha Kacki, jeudi soir 20 novembre. « L’humusation, c’est une technique funéraire qui consiste à transformer le corps du défunt en humus, en terre fertile. » Elle convoque « de nouveaux imaginaires », dont celui d’ « un retour au vivant » dans l’idée d’un cycle renouvelé. Comme le souligne Albert de Pétigny, quand la mort d’un homme ou d’une femme survient, demeure toute une vie organique. Qu’en faire, comment la transformer ? L’association interroge les rituels, en imagine d’autres et pose des réalités : celle d’ « un corps qui pourrit dans un cercueil » quand il est inhumé ou qui disparaît « violemment » quand il est brûlé.

Dans ce débat qui ne se veut surtout pas définitif, Albert de Pétigny aime à rappeler que « la loi du 15 novembre 1887 dit que toute personne devrait avoir droit à des funérailles en lien avec ses valeurs. C’est quelque part la première loi de séparation entre l’Église et l’État. On parle de 1905, mais 1887, elle est encore plus marquante, je trouve. Et elle est la raison d’être de notre manifeste ».