Il n’y avait plus eu de marathon à Bordeaux depuis octobre 2019, la mairie ayant ensuite reculé face aux coûts d’organisation avec la structure privée Ironman France. Le Stade Bordelais Athlétisme, qui organisait déjà son 10 kilomètres (c’était la 21e édition cette année), a pris le relais en 2023, ajoutant un semi à son calendrier, avec l’idée d’un marathon en tête.
Plus de 700 bénévoles
« Le jour où l’on est arrivé à la mairie avec notre projet pour le semi, tout le monde attendait le marathon », lance Caroline Pujol, la présidente de Bordeaux Athlé. « Nous avons expliqué pourquoi on voulait ça, quelles étapes on s’était fixées et comment on voulait faire évoluer notre événement. On voulait un semi avec l’idée que, si l’on était sûr de nous, on ajouterait ce format (42 kilomètres) à notre fête du running. »
Une telle épreuve nécessite en effet des forces colossales. Le week-end dernier, 740 bénévoles ont été mobilisés pendant trois jours, dont 550 le dimanche pour assurer une sécurité parfaite. « On ne peut pas se contenter de poser un plot et dire : ‘‘Ici, le coureur est en sécurité’’ », dit Caroline Pujol. « On met des voitures, avec trois couronnes de sécurité. »
« Le jour où l’on est arrivé à la mairie avec notre projet pour le semi, tout le monde attendait le marathon »
L’étape décisive, dans le cheminement vers le marathon, a été d’organiser le même jour, et non plus à deux dates différentes, 10 kilomètres et semi-marathon. Cela a été un immense succès : 13 560 coureurs ont franchi la ligne d’arrivée du semi, 7 896 celle du 10 kilomètres, cela sans incident majeur.
Un tracé sur les deux rives
De quoi se dire, dans l’équipe de 20 personnes impliquées, qu’elles avaient acquis les compétences nécessaires et qu’elles pouvaient se lancer vers le marathon, tout en gardant l’esprit running en famille. « Nous avons présenté notre projet à la mairie qui l’a accepté », se réjouit la présidente du club. Le marathon de Bordeaux 2026 ne se courra plus en nocturne mais le dimanche matin, avant le semi et les 10 kilomètres, avec un parcours original, qui ne sera pas deux boucles du semi-marathon.
Le tracé passera sur les deux rives de la ville mais, a priori, n’empruntera pas le pont de pierre. « Il sera encore en travaux et l’on ne peut pas se permettre de vivre avec des aléas », commente Caroline Pujol. « C’est trop de stress pour nous, trop de stress pour les équipes autour. » Le pont Simone-Veil étant situé à Floirac, on imagine que le parcours utilisera les deux sens du pont Chaban-Delmas ou un retour par le pont Saint-Jean.
L’épreuve sera roulante pour favoriser de bons chronos et attirer les meilleurs coureurs du pays, en sachant qu’il faudra faire face à la concurrence de Nice-Cannes et que certains se réserveront pour Valence. Les organisateurs vont cependant demander une labellisation « World Athletics ». « Toutes nos épreuves sont labellisées », dit Caroline Pujol. « On est quand même un club d’athlétisme. On court pour de vrai, pas que pour Strava ! »


