Carte blanche pour Valérie-Ann Edmond-Mariette ! La direction du musée du Quai Branly – Jacques Chirac à Paris a décidé de collaborer avec la jeune Martiniquaise dans le cadre de la 26e édition du Mois du doc et d’images en bibliothèques. Cette chercheuse en Histoire a donc décidé de proposer une série de documentaires sur le thème : « les mémoires musicales antillaises, archiver l’histoire orale de la musique des Antilles au XXIème siècle ». « L’idée c’est d’écrire une histoire des musiques antillaises en m’intéressant à comment est-ce qu’on aborde dans ces chansons la thématique de la traite et de l’esclavage », précise la doctorante. Pour cela, elle présente au public parisien le travail de Miguel Octave, réalisateur passionné de musique. « Elle arrive à donner une dimension historique et technique à un travail qui est juste à la base un travail de passionné. De voir que ma passion a pu inspirer des gens, c’est très touchant » admet le Martiniquais, alors que 13 de ses films sont projetés dans le célèbre musée parisien.
Ces documentaires parlent du phénomène fulgurant du Konpa, de la success-story d’un passionné parti de rien ou encore de la place des femmes dans la musique antillaise. Rassembler tous ces témoignages constitue un projet de transmission vital pour la chercheuse martiniquaise.
« Les gens ont le sentiment que leur histoire est méconnue, mal connue, voire inconnue ! Donc l’idée c’est de montrer qu’il y a énormément de travaux là-dessus et de les rendre accessibles au plus grand nombre. »
Au total, trois long-métrages et une série de dix documentaires sont diffusés les 1er, 2 et 6 novembre. « Dans ses films, Miguel donne la parole à tous les acteurs de l’industrie musicale antillaise, ceux sur la scène mais aussi ceux dans les coulisses. Grâce à son professionnalisme et à sa rigueur, il a constitué un véritable fond d’archives orales sur l’histoire de la musique aux Antilles« , indique le musée. Pour Valérie-Ann Edmond-Mariette, ces films sont de vrais outils de recherche sur l’histoire culturelle et sociale en Guadeloupe et en Martinique de 1946 à nos jours : « avoir aujourd’hui ces traces audiovisuelles, c’est une façon à mon tour d’écrire cette partie de l’Histoire en confrontant les récits de ces documentaires aux sources que je peux trouver aux archives« .
Cette série de projections est l’aboutissement de plusieurs longues années de travail. Valérie Ann Edmond-Mariette a commencé à étudier la musique en 2013. Ce n’est que quelques années plus tard, en 2019, qu’elle débute une thèse à l’université des Antilles, intitulée « Le son de la mémoire de l’esclavage. Musique et politique dans les Antilles entre 1948 et 1998 ». Ces travaux lui permettent d’obtenir, en 2024, une bourse d’écriture au musée du Quai Branly – Jacques Chirac, en partenariat avec la Fondation pour la mémoire de l’esclavage… jusqu’à cette carte blanche !
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« L’idée pour nous c’était de valoriser son travail de recherche en salle de cinéma pour un grand public et pas seulement pour des chercheurs ! » témoigne Élodie Saget, responsable des fonds sonores et audiovisuels au Département du patrimoine et des collections du musée. Une dernière séance (gratuite !) est prévue ce jeudi avec la projection du documentaire « Studio Debs ».
Par Antoine Defives
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