« Les indicateurs passent au vert. Nous voyons une reprise des ventes : en volume, la Savoie a augmenté de 5,8 % en un an », se félicite Sébastien Cartier, président de la Fnaim Savoie Mont Blanc (Fnaim SMB).
Sur 12 mois (d’août 2024 à juillet 2025), environ 8 700 transactions ont été enregistrées en Savoie, un niveau stable par rapport à 2023 et 2024, équivalent aux volumes de 2017-2018, mais encore loin du pic de 2021.
Au plus fort du recul d’activité, le nombre de transactions avait chuté en Savoie en 2023, mais sans provoquer d’effondrement des prix.
En 2024, les prix moyens n’ont que légèrement fléchi (environ -2 % sur un an) et se sont stabilisés en fin d’année.
Le département affiche ainsi un prix moyen d’environ 3 770 €/m² en 2025, quasi inchangé par rapport à l’année précédente, selon la Fnaim Savoie Mont Blanc (Fnaim SMB).
Chambéry et Aix-les-Bains : des marchés tendus mais stabilisés
En plaine, l’offre reste limitée et la demande bien présente, ce qui maintient une certaine tension sur des marchés comme Chambéry et Aix-les-Bains.
« Le marché de l’ancien, en plaine, est plutôt tendu dans la mesure où l’on manque de logements à vendre. Malgré cela, le marché s’est plutôt stabilisé au niveau des prix. On a quelques indicateurs plutôt positifs depuis le début de l’année 2025, voire la fin de 2024, notamment pour Chambéry et Aix-les-Bains », observe Bérengère Servat, vice-présidente de la Fnaim Savoie Mont Blanc.
En effet, les prix n’y ont pas flambé : ils se sont maintenus d’une année sur l’autre, autour de 2 882 €/m² à Chambéry et 4 426 €/m² à Aix-les-Bains en moyenne.
Après le coup de frein de 2022-2023, ces deux villes montrent des signes encourageants. Sur un an glissant, Chambéry atteint environ 920 transactions et Aix-les-Bains près de 680, des volumes en légère progression par rapport à 2024.
L’attractivité de ces bassins a été notamment soutenue par l’amélioration des conditions de financement et des aides.
La baisse des taux d’intérêt, la réouverture du prêt à taux zéro (notamment pour l’achat de logements énergivores à rénover) et l’assouplissement de la fiscalité des donations ont contribué à stabiliser les prix et à ramener des primo-accédants sur le marché.
Par ailleurs, la Savoie est le seul département de France à avoir abaissé ses droits de mutation pour les primo-accédants, « un petit coup de pouce » bienvenu qui a encouragé le retour de cette frange d’acheteurs.
Albertville : un créneau abordable en reprise
Plus modeste, le marché d’Albertville profite lui aussi de la reprise, avec des prix plus abordables. Le mètre carré ancien s’y négociait autour de 2 300 € en 2024, un niveau de prix plutôt accessibles comparé aux autres villes du département.
Le nombre de ventes a nettement augmenté : la Fnaim SMB dénombre 336 transactions sur 12 mois à fin juillet 2025, contre 253 l’année précédente (soit environ +24 %).
Cette dynamique devrait se poursuivre en 2025, portée par des acquéreurs à la recherche de biens plus abordables et par la situation géographique d’Albertville, carrefour vers les vallées alpines.
Un marché freiné par le manque d’offres
Malgré ces signes encourageants, un problème structurel continue cependant de gripper le marché savoyard : la pénurie de logements disponibles.
« Si on ne tient pas compte des années post-Covid exceptionnelles, en Savoie, on se retrouve avec un manque d’offres », résume Bérengère Servat. « La baisse du neuf entraîne une diminution de la rotation à la fois du parc locatif et du parc de transaction. »
En clair, l’effondrement de la construction neuve depuis près de six ans, faute de permis de construire, a limité d’autant les mises en vente dans l’ancien.
Ce cercle vicieux maintient artificiellement un « stock » très bas, si bien que les quelques acheteurs en quête d’un bien acceptent de payer le prix fort.
« Depuis quatre à cinq mois, on peut voir un redémarrage porté par une stabilisation des prix », tempère toutefois Bérengère Servat.
Le marché locatif sous tension
À l’opposé, les biens que l’on pourrait qualifier de moins bonne qualité, les fameuses « passoires énergétiques », ont tendance à regarnir les stocks.
De nombreux propriétaires de biens mal classés sur le plan énergétique préfèrent en effet vendre plutôt que financer de coûteuses rénovations…
Mais encore faut-il réussir à vendre ce genre de biens. En attendant, les conséquences sont désastreuses dans la durée pour le parcours résidentiel des savoyards.
Car, pendant qu’ils sont en vente, ces logements restent vacants, appauvrissant par ricochet l’offre locative. « La location est un vrai sujet sur le territoire, car il est toujours aussi tendu », déplore Sébastien Cartier.
Et toute amélioration semble exclue à court terme, notamment avec la fin des dispositifs d’incitation à l’investissement (Pinel) et donc le transfert d’une partie du parc vers la vente.
Seul espoir à l’horizon pour les propriétaires qui souhaiteraient vendre : le nouveau calcul du diagnostic de performances énergétiques, qui devrait moins pénaliser les logements chauffés à l’électrique.
Certains bailleurs auraient déjà suspendu la vente de leurs logements qualifiés hier d’énergivores, les remettant sur le marché locatif. Mais pour combien de temps ?
