Les forêts de la Coubre et des Combots, qui bordent le littoral royannais au nord, n’ont décidément pas encore révélé tous leurs secrets. Qui savait qu’un phare avait été construit sans doute à la fin du XIXe siècle à l’intérieur de la forêt des Combots d’Ansoine, à peu près au niveau de la plage de la Lède, entre Saint-Palais-sur-Mer et La Palmyre, la station balnéaire des Mathes ? Pas grand monde. Le conservatoire du littoral, qui est devenu propriétaire d’environ mille hectares de forêt dans le coin vers 1978 après le grand incendie de 1976, a hérité de ce site composé de plusieurs bâtiments, le phare ayant été détruit sans doute par les Allemands à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Si bien que Patrice Belz, délégué de rivages Centre Atlantique, parle de « petit hameau. »
L’endroit a été occupé pendant plus de trente ans par l’association Tremplin 17 qui en 1981 y avait créé une sorte de village pour vivre avec des personnes toxicomanes sevrées afin de les aider à reprendre pied dans la société. L’expérience s’est terminée en 2015. Les Diaconesses de Reuilly, fondation reconnue d’utilité publique qui regroupe une communauté religieuse protestante fondée en 1841 à Paris, devaient prendre la suite mais le projet ne s’est pas fait. En 2017, la dernière maison occupée par un gardien a fermé ses portes. Depuis, le site est à l’abandon. Il a même été récemment pillé. « Ils ont volé tous les tuyaux en cuivre et ont tout arraché. Ce qui avait un peu de valeur a été embarqué », se désole Patrice Belz. Si bien que le lieu, isolé au milieu de la forêt, ressemble à un village fantôme. « Ce serait bien pour le tournage d’un film d’horreur », plaisante Olivier Marvaud, le président de l’association Les 7 sentinelles, qui est tombé dessus au hasard de ses balades en forêt.

Fanny Blanchard

Fanny Blanchard

Fanny Blanchard
L’intéressé milite maintenant pour une conservation du site et sa reconversion. « Ça fait partie du patrimoine local. Pourquoi pas imaginer ici un camp de base pour des clubs sportifs professionnels ou y accueillir l’IRRS (Institut Régional du Sport et de la Santé) qui a ouvert une antenne à Royan. On pourrait aussi en faire profiter les écoles, collèges et lycées. L’organisation de stages de cohésion pour les entreprises peut aussi être une piste », avance-t-il en souhaitant que des collectivités comme la Communauté d’agglomération Royan Atlantique s’y intéressent. En attendant, il souhaite y réaliser une opération de nettoyage. « On ne peut pas se résoudre à voir disparaître ces bâtiments ! »
Du côté du conservatoire du littoral, on a déjà sondé de potentiels acteurs locaux comme les communes ou la Communauté d’agglomération. « Pour l’instant, nous n’avons pas trouvé de porteur de projet. Il faut dire qu’on est ici en forêt de protection et qu’il y a des contraintes. On ne peut pas y faire n’importe quoi. Maintenant, il faut faire vite parce que le temps passe et les bâtiments se dégradent. Si avant leur pillage le coût d’une rénovation ne semblait pas être un obstacle, c’est en train de le devenir. Rien n’est encore décidé mais l’option d’une démolition prend de plus en plus d’épaisseur. Quitte à ce qu’on conserve quand même une trace historique du bâti », souligne le délégué de rivages Centre Atlantique.

Conservatoire du littoral
L’histoire, c’est ce qui motive également Olivier Marvaud qui n’avait jamais entendu parler de l’existence d’un phare ici. « C’était une sorte de tripode avec une partie métallique. On est à la fin du XIXe siècle et j’ai l’impression que ses concepteurs se sont inspirés de la construction de la tour Eiffel. C’est un phare qui n’a pas servi longtemps. Peut-être une quarantaine d’années. Il venait en complément de celui de la Coubre », imagine Patrice Belz qui a réussi à dénicher une vieille photo pour la postérité.

