Charente-Maritime : À Pons, la fin des madeleines Colibri et l’obligation de trouver « des moyens de rebondir »

Oct 18, 2025 | Royan

« C’est une décision que, de toute façon malheureusement, nous redoutions, mais pas aussi proche. » Jacky Botton, le maire de Pons, a pris acte ce vendredi 17 octobre de la « cessation d’activité » de la Maison Colibri à la fin de l’année 2026, comme le confirme un communiqué de presse de la division pâtissière Paticeo du groupe Roullier. L’industriel breton avait racheté les madeleines Colibri en 2011.

« Paticeo a présenté ce jour aux représentants du personnel et aux salariés un projet de cessation programmée de cette activité à fin 2026. La production sera assurée durant toute cette période », poursuit le communiqué de presse, qui détaille les raisons d’une situation économique fragilisée par « des crises sanitaires et géopolitiques » qui engendrent, pour « l’industrie agroalimentaire, une inflation persistante et généralisée. Cette inflation touche tant le coût des matières premières essentielles (comme le beurre, les œufs et le chocolat qui constituent environ 70 % du coût total des matières premières pour l’entreprise) que celui de la production (incluant la main-d’œuvre et l’énergie) et des équipements (machinerie, etc.). »

Sur le même sujet

Plan social chez Colibri à Pons : « C’est une grosse claque. On ne dort plus, on ne mange plus »

Plan social chez Colibri à Pons : « C’est une grosse claque. On ne dort plus, on ne mange plus »

Si les modalités du plan social ne sont pas encore connues, le couperet d’une éventuelle fermeture de l’usine de Pons dans un an, fin octobre 2026, est dans tous les esprits. L’usine appartient au groupe breton Roullier depuis 2011

Paticeo enchaîne : « Afin de pérenniser l’emploi sur le site, un processus actif de recherche de repreneur dans le cadre de la loi Florange est en cours. Dans le cas où un acquéreur serait identifié, un transfert partiel ou total des contrats de travail des 68 salariés pourrait être mis en œuvre. En parallèle de la recherche d’un repreneur, des offres de reclassements au sein de Paticeo seront proposées à tous les salariés. » La filiale du groupe Rullier compte huit usines de gâteaux – sept si on retire Pons –, quasi toutes situées en Bretagne ou Pays de la Loire. Ce qui signifie quitter la Charente-Maritime. Quid de la marque Colibri, intimement liée à Pons ? Sur ce point, pas de réponse. Le Colibri était l’une des trois biscuiteries pâtisseries de la ville, avant la Seconde Guerre mondiale.

« Notre population vieillit. Si en plus les actifs partent, ce n’est pas bon signe »

Pour Jacky Botton, il n’y a pas une seconde à perdre pour « trouver des moyens de rebondir, tous ensemble. Ce sont 60 familles concernées. Notre population vieillit. Si en plus les actifs partent, ce n’est pas bon signe. » Le maire et conseiller départemental entend, avec l’appui de la Communauté de communes de Haute Saintonge, présidée par Claude Belot, explorer toutes les pistes possibles pour « sauver ce qui peut l’être ». Soit par la recherche d’un repreneur ou la reconversion de tout ou partie du site.

Jacky Botton convoque l’histoire similaire de Wesper France (batteries pour le traitement de l’air) qui, en fermant en 2015, a mis sur le carreau 96 salariés et salariées. La Communauté de communes de Haute Saintonge a mis la main au portefeuille pour acheter le site et le transformer en hôtel d’entreprises. « On a presque retrouvé le nombre d’emplois », souligne le maire pontois.

La biscuiterie Colibri, avec ses bâtiments très haut pour les fours, va demander de l’imagination. D’autres sont de plain-pied. « Il faudra regarder quel type d’activité peut s’envisager. »