Charente-Maritime : un nouveau directeur pour la maison centrale de Saint-Martin-de-Ré

Oct 15, 2025 | Royan

« Monsieur Joseph Coly, rejoignez votre emplacement. » L’heure est au protocole, ce mercredi 15 octobre, dans la cour d’entrée de la maison centrale de Saint-Martin-de-Ré. Lancée à 11 heures à l’arrivée du préfet Brice Blondel, l’installation officielle du nouveau directeur de l’établissement réunissait nombre d’uniformes, entre agents pénitentiaires et personnalités du monde de la justice local.

En poste depuis le 1er octobre, après le départ du précédent directeur Pascal Bruneau durant l’été, Joseph Coly traîne dans ses bagages une solide expérience. L’administration pénitentiaire lui a ouvert ses portes en juin 1994. Entre la prison de la Santé, celle de Nanterre ou encore de Dijon, il a gravi les échelons avant une dernière expérience qui n’a certainement pas nui à sa candidature rétaise.

En mars 2020, en pleine crise Covid, il est envoyé en Martinique pour diriger l’établissement pénitentiaire de Ducos. Dans « un établissement surpeuplé avec une population pénale difficile et un dialogue social qui pouvait être rugueux », il a effectué « un travail remarquable », souligne Vanessa Prempain. L’adjointe au directeur interrégional des services pénitentiaires de Bordeaux, en charge du discours d’installation, a mis en avant « sa loyauté, son empathie, sa sérénité et sa bienveillance à l’égard de l’ensemble des personnels ».

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Des qualités qui ne seront pas de trop pour relever les défis de la maison centrale insulaire. Comme les problèmes de violence, illustrés récemment par l’agression brutale d’un surveillant par un détenu le 19 septembre, et dénoncés par les syndicats. « Je n’ai pas de solution miracle, mais il y a des solutions quand même, croit Joseph Coly. Je suis convaincu d’une chose, c’est que l’apaisement, ça passe par l’occupationnel. Il faut occuper les détenus. Si on ne veut pas qu’ils s’agitent, si on ne veut pas qu’ils agressent, il faut les occuper, mais il faut les occuper utilement. »

Mais l’apaisement, dans une prison, ne suffit pas toujours et le nouveau directeur a d’ores et déjà un plan pour sécuriser l’établissement. Un programme de renforcement de la vidéosurveillance est dans les tuyaux. L’heure est à l’évaluation des travaux nécessaires et aux calculs budgétaires, mais Joseph Coly et Vanessa Prempain promettent que ce sera une priorité dans les prochains mois.

La maison centrale compte 400 cellules, occupées à 98,5 % en ce moment.
La maison centrale compte 400 cellules, occupées à 98,5 % en ce moment.
Archives Jean-Christophe Sounalet / SO

Souvent mises en avant par les détenus, la vétusté et l’insalubrité de la prison n’ont pas sauté aux yeux du nouveau directeur : « Je l’ai trouvée plutôt en bon état. J’ai constaté quand même beaucoup de travaux ces dernières années. Je tiens à rappeler également que l’hygiène en détention, c’est aussi l’affaire des personnes détenues. » Soucieux des problématiques sanitaires, Joseph Coly a aussi pour objectif d’organiser un parcours de santé, en lien avec l’hôpital de rattachement. « Je crois au travail en équipe », insiste-t-il, évoquant aussi le rôle de l’Éducation nationale. « Il faut que tout le monde prenne sa place dans la prison parce que la prison, c’est un ensemble. J’aurais même tendance à dire à tous ces partenaires qu’ils font partie de l’établissement. »