« J’ai été touchée qu’on pense encore à moi. Les années passent et je suis toujours heureuse de me souvenir qu’à La Rochelle, j’y ai vécu, j’ai participé à son rayonnement et je m’y suis mariée ». Ce jeudi matin 9 octobre 2025, Brigitte Lefèvre, figure internationale de la danse connue pour avoir dirigé pendant près de vingt ans le ballet de l’Opéra de Paris, a été élue à la présidence du conseil d’administration de La Coursive, renouvelé dans sa grande majorité.
Un poste qui ne dira peut-être pas grand-chose au grand public mais qui est largement scruté dans le monde de la culture. Elle succède ainsi à Véronique Chatenet Dolto, ancienne directrice des affaires culturelles, élue en urgence il y a huit ans pour gérer les vives tensions qui avaient secoué pendant plusieurs mois la scène nationale à la suite du licenciement de sa directrice adjointe. Bernard Buisson, ancien directeur de la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement, Rochelais depuis vingt ans, a été élu vice-président.
Brigitte Lefèvre, 81 ans, revient donc à La Rochelle. C’est ici en 1974, que l’ancienne danseuse à l’Opéra de Paris a installé sa compagnie Le théâtre du Silence, ancêtre du premier centre chorégraphique national (CCN) de La Rochelle créée en 1984. Une époque où La Coursive n’existait pas encore et n’était donc pas la prestigieuse scène nationale que l’on connaît aujourd’hui. « La Rochelle est une ville incroyable, à la fois fermée et d’une ouverture extraordinaire. La Coursive est un lieu exceptionnel. J’arrive avec l’ardente volonté que les structures travaillent entre elles », a-t-elle commenté, quelques minutes après son élection à l’unanimité, entourée par une partie de son nouveau conseil d’administration, ainsi que du président de l’agglomération Jean-François Fountaine et le vice-président en charge des équipements culturels communautaires, Vincent Coppolani.
L’ancienne danseuse sait en effet l’énorme chantier qui l’attend, elle, et le reste du personnel de La Coursive : les futurs travaux du Grand Théâtre.
Ce jeudi matin, il n’y avait qu’une seule certitude : la scène nationale tirera bien le rideau à la rentrée 2027, après la saison des festivals (Festival du film, Francofolies et Fiction télé), pour au moins deux saisons. Cet été, à la suite des appels d’offres, l’équipe de maîtrise d’ouvrage a été choisie (il s’agit de Duck Sceno et de l’atelier King Kong). Une première réunion a eu lieu le 25 septembre. Mais il reste encore beaucoup d’interrogations, notamment sur les travaux précis à réaliser sur le bâtiment historique lui-même. Un diagnostic est toujours en cours. « De là en découle une grande question : la salle Verdière pourra-t-elle rester ouverte pendant les travaux ? », s’interroge toujours Vincent Coppolani. Les lieux de repli n’ont donc pas encore été actés même s’il est toujours question de l’espace Encan ou d’un chapiteau hors les murs. La question du cinéma reste également entière : où loger la salle bleue, classée art et essai, dans un lieu permanent et en centre-ville ? L’enveloppe budgétaire a été actée à 17,5 millions d’euros (TTC) avec pour l’heure seulement 2 millions d’aides.


