« Je suis très surprise et déçue par ce qui s’est dit au dernier conseil municipal. En cinq minutes, mon projet a été rejeté », déclare la fondatrice et dirigeante du réseau de mini-crèches Mininous, Dana Braun. Cette Rochefortaise d’origine devenue infirmière, spécialisée dans la petite enfance, ne comprend pas pourquoi l’implantation d’une structure d’accueil à Rochefort lui a été refusée par la Ville.
Pour rappel, lors du conseil municipal du 17 septembre, les élus ont voté un avis défavorable en justifiant le grand nombre de places déjà disponibles à Rochefort pour les familles d’enfant âgé entre 0 et 3 ans. Depuis 2023 et la Loi pour le plein-emploi, modifiant le code de l’action sociale et des familles et le rôle des communes de plus de 10 000 habitants, la Ville est l’autorité organisatrice de l’accueil du jeune enfant.
Un léger coup de frein, donc, pour cette entrepreneuse qui a réussi en dix ans à ouvrir quatre structures dédiées à la petite enfance. D’abord en 2015 à Saint-Agnant, puis à Tonnay-Charente, à Saint-Laurent-de-la-Prée et à Pont-l’Abbé-d’Arnoult, le réseau de la petite entreprise de Dana Braun s’est agrandi et emploie 23 salariés au total qui gèrent ces lieux accueillant 12 enfants maximum. « Toutes nos structures sont complètes et j’ai près de 90 familles sur listes d’attente au 1er juillet 2025. Les mini-crèches de Tonnay et Saint-Laurent accueillent déjà des enfants de familles rochefortaises ou de salariés travaillant à Rochefort », précise-t-elle.
Mon projet est privé, je ne demande pas de subventions d’installation, ça n’aurait pas coûté un centime à la commune
Pour celle qui a imaginé ces mini-crèches, ce mode de garde collectif en petit nombre permet aux enfants « d’évoluer tous ensemble. On a davantage les moyens d’accompagner des pratiques d’allaitement, d’écharpes de portage, la communication signée et on n’hésite pas à faire des sorties, de la médiation animale et entretenir le lien intergénérationnel en allant dans des Ehpad. »
Avant ce refus, la cheffe d’entreprise avait trouvé un constructeur, plus un terrain rue Merleau-Ponty où faire construire la crèche, et a présenté début juillet son projet à la mairie. « En 2014 et 2018, Hervé Blanché en tant que président de la Caro m’avait écrit pour me soutenir dans mes précédentes installations dans l’agglo, donc j’ai été très surprise par ce refus. Mon projet est privé, je ne demande pas de subventions d’installation, ça n’aurait pas coûté un centime à la commune. »
Pour chaque structure qu’elle a montée, la dirigeante explique avoir été sollicitée par la population locale, obtenu l’accord des mairies et répondre « à un vrai besoin, avec un investissement sérieux des professionnelles responsables des enfants. On touche une population en termes de proximité et surtout ceux qui ne voudraient ni de l’accueil individuel ni de la grosse structure collective », défend la dirigeante des Mininous. Pour elle, l’argument de l’offre de places suffisante ne tient pas, « que je sois là ou pas, ces structures ne font déjà pas le plein. Notre projet de mini-crèche aurait permis d’offrir aux familles le choix d’un autre mode de garde. » Dana Braun se dit étonnée par la position rochefortaise alors que La Rochelle, Saintes, Royan ont, elles, déjà accepté des micro-crèches.
Membre du comité départemental des services aux familles auprès de la préfecture de Charente-Maritime, Dana Braun dit avoir « conscience des enjeux qui se jouent » et aurait aimé avoir la confiance des décideurs locaux. Sans critiquer le travail des autres structures, elle insiste sur l’idée qu’il n’y a pas un modèle de garde meilleur qu’un autre mais qu’on doit proposer plus de possibilités à chacun. « Notre priorité c’est aussi l’accueil des enfants en situations de handicap, même si les autres le font aussi, nous pouvons recevoir des personnels paramédicaux pour mettre en place le projet autour d’un enfant qui a des besoins spécifiques. » Les horaires étendus d’ouverture des Mininous, de 7 h 15 à 19 heures, sont encore un argument pour les parents travaillant en horaires décalés. Les tarifs, eux, sont plafonnés par la Caisse d’allocations familiales.
Néanmoins, Les Mininous comptent bien fêter leur 10e anniversaire ce samedi 27 septembre, de 14 h 30 à 16 h 30 au Palais des congrès de Rochefort, avec les familles, les enfants et les professionnels du secteur. « On a choisi Rochefort pour être à mi-chemin de toutes les familles qui voulaient venir. On organise un petit spectacle avec les enfants, on propose des jeux et des activités pour tous les âges. Ce sera aussi l’occasion de faire de la prévention autour de la petite enfance avant un grand goûter », conclut Dana Braun.


