A La Rochelle, un chantier acrobatique prend place sur les flancs de la tour Saint-Nicolas

Août 29, 2025 | Royan

Non, un accrobranche n’a pas fait son apparition à La Rochelle. S’il y a bien, depuis mercredi 27 août, des personnes casquées suspendues à des cordes le long des murs de la tour Saint-Nicolas, c’est dans le cadre très professionnel des travaux de consolidation de la tour Saint-Nicolas.

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Le gros des travaux d’urgence débutera en septembre, mais une ceinture métallique sera déjà installée dans la partie haute de l’édifice au mois de juillet

L’urgence de l’intervention sur l’édifice, fermé au public depuis le 4 juillet 2024, n’empêche pas une préparation minutieuse, avant le gros de l’opération prévu au mois de septembre. Au préalable, le Centre des monuments nationaux a confié à deux entreprises le soin de ceindre la tour de câbles métalliques. Simple sur le papier, périlleux et spectaculaire dans la réalisation.

On va les tendre, comme un élastique

Le 18 août dernier, les techniciens de l’entreprise Freyssinet, filiale de Vinci, se sont installés dans la « base de vie » aménagée au pied de la tour Saint-Nicolas. Ils ont été rejoints par les cordistes de la société Services Voltige (groupe NA), implantée depuis le début d’année à La Rochelle. En tout, une petite équipe de cinq à six personnes prépare le cerclage du monument sur trois niveaux. Onze câbles de la « ceinture basse » seront tirés au niveau de l’éperon, dans l’eau de mer. Deux autres câbles seront posés plus haut, puis encore deux câbles au-dessus. Leur diamètre va de 40 mm, pour les câbles des deux niveaux supérieurs, à 90 et 110 mm à la base. Chaque câble est composé de torons d’acier, jusqu’à douze torons pour les plus épais. « On va les tendre, comme un élastique », résume Ludovic Le Louedec, de Freyssinet.

Après l’installation d’un échafaudage tout autour de l’ouvrage et l’arrivée d’une haute grue vers le 10 septembre pour la pose de grands châssis métalliques, les câbles seront tendus au mois d’octobre grâce à un dispositif de vérins mis au point par l’entreprise. En parallèle, des tirants traversants, de grosses barres métalliques de 43 et 60 mm, seront passés à l’intérieur pour « compacter » la tour sur elle-même.

Le responsable des voltigeurs Kévin Michot (à droite).
Le responsable des voltigeurs Kévin Michot (à droite).
Romuald Augé

Pour l’heure, les voltigeurs préparent le terrain. Leur travail consiste à visser les supports des câbles, de gros morceaux de bois – des bastaings en chêne –, dont chaque élément pèse une dizaine de kilos. Heureusement, Services Voltige dispose d’un système de levage robuste, capable de hisser jusqu’à 250 kg de matériels en haut de la tour, qui ressemble actuellement au terrain de jeu de Spiderman. Il faut se faufiler dans une jungle de cordes et les sangles pour apercevoir, plus bas, les acrobates en action.

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« On ne voulait faire aucun trou dans la pierre pour respecter l’ouvrage, souligne Kévin Michot, responsable local de Services Voltige. On a donc opté pour des élingues. »

Sous les regards admiratifs des touristes et des passagers des croisières Inter-îles, deux cordistes assemblent les bastaings un par un. Même sous la pluie, ils travailleront encore la semaine prochaine, puis reviendront mi-septembre pour prêter main-forte à la grue.

Les travaux d’urgence se poursuivront jusqu’à février ou mars 2026, avant une restauration complète de la tour Saint-Nicolas espérée en 2028.