Ces dernières semaines, l’ambiance au sein de la paroisse de Jonzac doit être quelque peu pesante. Anthony Del Castillo, curé depuis deux ans au sein de l’institution, aurait eu des relations sexuelles avec une jeune femme de 18 ans « potentiellement vulnérable ». Des faits qui se seraient déroulés cet été et que le prêtre ne nie pas. « Les faits rapportés sont pour la plupart exacts et le père Del Castillo les a reconnus », a déclaré François Jacolin, évêque de Luçon (Vendée) et administrateur apostolique provisoire du diocèse de La Rochelle, dans un communiqué publié le 21 août 2025.
Le prêtre, âgé de 43 ans, issu de l’Institut argentin du Verbe incarné, aurait alors été rapatrié au Pérou d’où il est originaire et sa charge de curé lui a été retirée. « En fait, nous avons une convention entre le diocèse et cet institut sud-américain, qui envoie régulièrement des prêtres en mission chez nous. Normalement, il n’y a pas de problème avec eux… », rapporte Guilhem Duval, responsable de la communication du diocèse. Ainsi, Anthony Del Castillo a été remplacé par son vicaire, le prêtre Gustavo Domenech, lui aussi issu de l’Institut du Verbe incarné et installé à Jonzac depuis une petite année.
Accusations similaires
Mais comme pour son prédécesseur, le blog hispanophone « Abusos IVE y SSVM » – spécialisé dans la dénonciation des abus au sein de l’Institut du Verbe incarné – a mis en lumière de graves accusations à l’égard de Gustavo Domenech, relayées jeudi 28 août par nos confrères de Charente Libre. « Lors d’une de ses premières missions aux États-Unis, il a dû retourner en Argentine suite à une liaison publique avec une paroissienne de ce pays. Plus tard, il a passé de nombreuses années à la paroisse San Maximiliano Kolbe (San Rafael), où il contactait souvent des paroissiennes sur Facebook et finissait par les inviter dans des chalets touristiques », peut-on notamment lire sur le blog.
Comme pour Anthony Del Castillo, son successeur est accusé d’avoir choisi des « femmes vulnérables (avec de graves problèmes émotionnels, des maladies psychologiques, des familles absentes ou accueillies par les orphelinats) », apprend-on dans la suite de l’article.
Vérifications au diocèse
Du côté du diocèse de La Rochelle, cette nouvelle accusation met l’institution dans une position délicate. « D’après ce que l’on sait, ces accusations ne concernent pas des faits qui se seraient passés en Charente-Maritime. Depuis que nous avons été mis au courant, nous nous renseignons pour savoir quelle suite donner à cette affaire. Ça peut aller assez vite comme prendre un peu plus de temps si les choses sont moins certaines », commente Guilhem Duval.
In fine, ce sera à l’évêque du diocèse de La Rochelle de statuer sur le sort du prêtre. Pour rappel, c’est Pierre-Antoine Bozo qui vient d’être nommé à cette charge par le pape Léon XIV le 19 août dernier. Il prendra ses fonctions en octobre, en remplacement de Georges Colomb, mis en examen le 17 novembre 2023 pour tentative de viol.


