Le pont transbordeur de Rochefort fête ses 125 ans. Créé pour relier les deux bords de la Charente et fluidifier le trafic, il est aujourd’hui au cœur d’une politique de préservation aussi bien patrimoniale qu’écologique. Une mission dont s’acquitte Stéphanie Charpentier, coordinatrice générale du site.
Construit en 1900 par Ferdinand Arnodin, le pont permettait de traverser la Charente tout en laissant passer les bateaux. Sa particularité : un tablier métallique, sur lequel est fixée à un chariot roulant permettant le mouvement d’une nacelle. Une solution utile pendant un temps, mais qui, face à l’augmentation du trafic routier, n’a plus suffi. En 1967, un pont à travée levante a été ouvert, remplacé en 1991, par le viaduc de l’estuaire de la Charente.
Monument historique
S’il devait à l’origine être détruit, c’est la rareté patrimoniale du pont qui a permis sa sauvegarde : il est en effet le dernier encore debout en France, et il n’existe que huit ponts transbordeurs dans le monde. Une sauvegarde qui a nécessité plusieurs phases de travaux pour le restaurer. La première restauration a eu lieu en 1994, afin de le rendre à nouveau fonctionnel pour les touristes, et de rendre la passerelle accessible aux piétons et aux cyclistes. Entre juillet 2016 et 2020, le pont a été fermé pour de nouveaux travaux. Durant cette période, une importante opération de restauration a permis au tablier métallique de retrouver son esthétique d’origine.
Le site est classé Monument historique depuis 1976, une chance pour le pont, mais pas une fin en soi. « Nous travaillons actuellement au classement de tous les ponts transbordeurs au Patrimoine mondial de l’Unesco », affirme Stéphanie Charpentier. Une candidature qui devrait être portée par le pont de Buenos Aires, et qui permettrait de valoriser ces ouvrages à l’échelle mondiale.
Préservation de l’environnement
Situé dans un site naturel, le pont s’inscrit aussi dans une démarche de préservation de l’environnement, un aspect essentiel pour la coordinatrice. « Dès 2016, on a installé des toilettes sèches ; on a été l’un des premiers sites », souligne-t-elle. Un engagement écologique récompensé par l’obtention du label Grand Site de France en 2020. Et qui se poursuit, puisqu’ils travaillent actuellement à l’obtention du label Destination d’excellence. Beaucoup de petites actions sont mises en place : par exemple, le restaurant du pont, Roseaux et Bocaux, propose une carte composée de produits de saison et issus de circuits courts. Les horaires du pont sont également calculés en fonction des périodes de forte affluence, afin d’éviter des traversées trop peu fréquentées.
Une attention portée à l’écologie qui se poursuivra lors des travaux prévus le long de la berge pour l’installation d’une digue en 2027. « On fait en sorte que les travaux aient lieu le moins possible en été, pour ne pas pénaliser le tourisme. Mais nous avons aussi pour impératif de protéger la faune et la flore locales », conclut Stéphanie Charpentier.


