Tous les vendredis, à 16 heures, la loge de l’Accord Parfait organise une visite de ses locaux. L’objectif : rendre plus accessible la franc-maçonnerie et démentir certains des clichés dont elle est victime. Ce sont quatre francs-maçons de la loge qui organisent chaque semaine une visite en binôme. Bruno Candau, membre de la franc-maçonnerie depuis trente ans, est l’un de ces guides amateurs. La visite se déroule en deux temps : un premier au rez-de-chaussée, dans la bibliothèque de la loge, pour parler de l’histoire de la franc-maçonnerie et du lieu ; un second à l’étage, dans le temple, pour aborder plus en détail la franc-maçonnerie elle-même, ses rites, l’étude des symboles…
Une association historiquement discrète
Depuis 2014, le lieu est classé Monument historique, ce qui n’est pas étonnant pour l’une des plus vieilles loges de France. Plus que son âge, elle a aussi été bien préservée dans le temps, notamment pendant la Seconde Guerre mondiale où, à l’inverse d’autres bâtiments francs-maçons, elle n’a pas été détruite. « On a eu la chance que les peintures dans le temple ne soient pas repeintes en blanc par les Allemands, car ils ont fait le choix d’installer dans la loge une exposition anti-franc-maçonnerie. » En plus du lieu, la visite expose aussi beaucoup d’objets francs-maçons, que ce soit ceux utilisés pendant les séances et que l’on retrouve dans le temple, mais aussi des objets du quotidien qui ont été gravés avec des symboles maçonniques, comme un briquet ou encore de la vaisselle.

Faustine Longatte
Une visite d’autant plus impressionnante qu’il est rare que les loges s’ouvrent ainsi au public. En effet, si l’on ne peut pas parler de société secrète puisqu’elles sont déclarées en tant qu’associations, l’organisation et ses membres restent discrets. Une opacité renforcée par les rites d’initiation et le large lexique qui l’entoure, ne simplifiant pas sa compréhension. Un brouillard dans lequel Bruno Candau éclaire les participants à travers une visite participative. « Ici, c’est un espace de liberté, vous pouvez poser toutes les questions que vous voulez. »
« C’est difficile d’y entrer, mais facile d’en sortir »
Beaucoup de touristes participent à la visite, poussés surtout par la curiosité, et arrivent donc parfois avec quelques clichés. « Ce que l’on va beaucoup entendre, c’est le côté secte, les magouilles, et souvent, à la fin de la visite, les participants ressortent étonnés de ce qu’est vraiment la franc-maçonnerie. » L’un comme l’autre sont contredits pendant la visite, le guide ironisant d’ailleurs sur l’appellation secte : « Une secte, c’est facile d’y entrer mais difficile d’en sortir. La franc-maçonnerie, c’est l’inverse : c’est difficile d’y entrer, mais facile d’en sortir. »

Faustine Longatte
Les réservations se font auprès de l’office de tourisme Rochefort Océan et coûtent 7 euros et 6,30 euros pour les tarifs réduits. Une heure est annoncée pour la visite, mais selon Bruno Candau, il vaut mieux compter 1 h 30 à 2 heures pour avoir un vrai aperçu de la franc-maçonnerie et pouvoir échanger avec les guides à la fin de la visite.


