A 19 heures, dimanche 24 août, les trois coups de sifflet des sauveteurs en mer vont annoncer la fin de la surveillance estivale des 17 zones de baignade de l’île d’Oléron. Les drapeaux affalés et les limites de zones de bains rangés signifieront que la baignade sera aux risques et périls des usagers. Alors que certaines plages du département et de la région prolongeront la surveillance en mer, la saison des sauveteurs du Sdis 17 (Service départemental d’incendie et de secours de la Charente-Maritime) sur l’île d’Oléron n’aura duré que sept semaines, du 4 juillet au 24 août. Un départ précipité qui inquiète la population oléronaise.
Marie, maman de deux enfants de 6 ans et 13 ans, est venue en vacances pour la dernière semaine d’août. Cette famille de Bretons n’imaginait pas qu’ils se baigneraient sur des plages non surveillées à ce moment-là de la saison. « Je suis surprise car il y a encore beaucoup de monde sur l’île, explique cette maman qui a voulu éviter les importants flux touristiques en venant fin août. Chez nous, les sauveteurs travaillent plus longtemps, jusqu’à la fin des vacances scolaires », remarque-t-elle. Cette annonce ne la rassure pas. « Je vais devoir redoubler d’attention quand mes enfants iront se baigner. »
La fréquentation sur l’île d’Oléron la dernière semaine d’août n’a rien à envier à celle de juillet. Plusieurs familles profitent des départs de fin d’été pour profiter de l’île plus tranquillement. Les plages, elles, restent toujours aussi fréquentées, remarque René, Oléronais, habitué de la plage des Sables Vigniers. Ce dernier fait également part de son incompréhension face au départ prématuré des sauveteurs.

Jules-Yann Schneider
La décision de prolonger ou non la saison dépend du choix des collectivités locales, indique Laurent Mignot, commandant du Sdis 17 qui organise la surveillance des plages en période estivale. « Nous donnons nos recommandations aux élus : surveiller quand il y a encore du monde pendant les vacances scolaires. C’est ensuite aux collectivités de décider les dates de surveillance selon plusieurs paramètres », confie ce dernier. Stéphane Villain, président du Sdis et maire de Châtelaillon, admet que la décision des élus relève parfois plus de l’aspect budgétaire que sécuritaire. « Tout devient une question de choix quand il s’agit de finances. »
5 000 à 8 000 euros la journée
La décision autour du dispositif de surveillance sur Oléron est prise en amont par plusieurs entités, indique Joseph Hughes, directeur général des services de la communauté de communes (CdC). « Les huit maires de l’île se concertent avec le service littoral de la CdC et le Sdis mais la décision revient aux élus, poursuit-il. L’objectif est de trouver un meilleur compromis avec la gestion de fonds publics. » La sécurité sur les plages est mise en perspective avec les moyens financiers de la CdC.
« C’est une honte que les sauveteurs ne soient plus là quand on regarde les risques sur la semaine à venir »
« Le budget lié à la surveillance des plages a augmenté ces dernières années », confie Joseph Hughes. Selon les chiffres transmis par la CdC, le budget en 2025 s’élève à 596 000 euros. Pour le même nombre de sauveteurs et de jours de surveillance, il aurait évolué de presque 40 000 euros depuis 2022, selon ces chiffres. Cette hausse s’explique par les coûts d’entretien des postes et du matériel de sauvetage et de prévention. Toutefois, à l’inverse d’autres plages du département comme sur l’île de Ré ou à Châtelaillon, les élus oléronais ont fait le choix de stopper la saison dès le 24 août. Joseph Hughes explique qu’une journée supplémentaire de surveillance reviendrait entre 5 000 et 8 000 euros. Un coût qui a semblé trop élevé par rapport aux risques en fin de saison. Et pourtant…
Forte houle à venir
Manque de chance, la semaine qui suit la fin de la surveillance des plages du 28 au 31 août est annoncé comme l’une des plus dangereuses de l’été selon les conditions maritimes. Une forte houle mêlée à des vents violents risque de créer des courants d’arrachement puissants sur certaines plages. Les membres du club de surf Diabolo fun, de la plage des Huttes, craignent justement ces accidents. « C’est une honte que les sauveteurs ne soient plus là quand on regarde les risques sur la semaine à venir, lance Didier Lafitte, gérant du club. C’est encore nous qui allons devoir aller chercher les gens dans l’eau. »
Une semaine où la vigilance des usagers va devoir primer. Rappelons que la saison dernière, trois jours après la fin de la surveillance, le 28 août, les pompiers étaient intervenus sur une noyade sur la plage de la Gautrelle habituellement surveillée. Un accident qui interroge sur la nécessité de prolonger les jours de surveillance des plages l’été.


