Île d’Oléron : l’éventuelle écotaxe sur le pont ne fait pas l’unanimité

Août 20, 2025 | Royan

« On ne va tout de même pas payer pour aller chez nous », s’exclame Olivier, Oléronais depuis son plus jeune âge. Partout sur l’île, le sujet d’une possible écotaxe sur le pont de l’île d’Oléron fait réagir. Depuis 1994, le viaduc a toujours été gratuit. L’idée d’une taxe pour financer notamment les travaux de réhabilitation de ce pont construit il y a bientôt soixante ans alimente les débats politiques.

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« Le coût de construction s’élève à plus de 40 millions d’euros », déclare Michel Parent, président de la Communauté de communes de l’île Oléron. Une somme que ni le Département ni la Région ne peuvent investir », poursuit-il. Ce dernier rend compte de la situation actuelle : « Au printemps 2026, la commission nationale fera une consultation sur ce projet sous la demande de la présidente du Conseil départemental Sylvie Marcilly. En fin d’année 2026, nous aurons une décision finale après avoir consulté l’avis de la population. »

Cette taxe aurait plusieurs objectifs, explique-t-il. « D’abord, la rénovation du pont, mais également la préservation de l’espace naturel oléronais en luttant contre l’érosion. Aussi, nous pourrions investir dans la mobilité douce en développant le réseau de pistes cyclables et des transports en commun. » L’élu, qui préfère se prononcer après la consultation générale sur ce sujet, soutient tout de même le projet. « Cette écotaxe permettrait de valoriser notre territoire. » Pour lui, le plus important c’est qu’elle soit comprise et acceptée par le plus grand nombre.

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Qui doit payer ? Quelle somme ? Dans quelles conditions ? Le flou est total à Oléron. Dans le bar l’Olympia à Saint-Pierre-d’Oléron, Olivier est clair : les résidents n’ont pas à payer pour passer le viaduc. Il comprend tout de même les enjeux de préservation du territoire et l’aménagement de mobilités douces. « Il suffit de voir tous les bouchons sur l’île. Il faut faire quelque chose, lance Olivier. Mais nous contribuons déjà avec nos impôts. » Il serait logique, pour lui, de faire payer les vacanciers qui viennent l’été et qui profitent du territoire. « S’ils aiment autant Oléron, autant participer à son bien-être comme sur l’île de Ré », conclut l’Oléronais.

Et pour les résidents secondaires ? Doit-on les considérer dans la même situation que les permanents puisque certains payent leurs impôts sur l’île ? Michel Chalaux, qui appartient à l’association Oléron résidents secondaires, a un avis bien tranché. « Hors de question de payer une taxe sur le pont ! » Pour lui, « la liberté de circuler s’applique à tout le monde. Les vacanciers n’ont pas à payer pour venir sur l’île. Il est encore moins question de discriminer les résidents secondaires par rapport aux permanents », proteste-t-il. Cette distinction n’est pas envisagée, rassure Michel Parent.

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La solution n’est pas dans l’écotaxe, poursuit Michel Chalaux. « L’érosion côtière est un autre sujet que la liberté de circuler. Nos politiques ont trouvé une solution pour les risques de submersion avec la taxe Gemapi. Pourquoi ne pas créer une autre taxe pour traiter ces problèmes d’érosion ? »