« L’objectif, c’était de marquer le terrain », affiche le procureur de Saintes, Benjamin Alla, au sujet d’une opération judiciaire antidrogue menée mardi 12 août, à Saintes, sur réquisition du Parquet. De 10 heures à 12 h 30, la police nationale, avec l’appui conjugué de la police municipale et de l’unité canine de la DIPN 17, a investi des caves et parties communes dans des bâtiments du quartier des Boiffiers-Bellevue.
« Depuis quelques semaines, le bailleur social, la Semis, nous a sollicités pour des nuisances liées à des regroupements, des occupations de halls d’immeubles. On a eu des signalements. Notre volonté, c’était aussi d’éviter l’installation d’un point de deal », indique le commissaire Nicolas Oustabassidis, qui a pris le commandement du commissariat de Saintes au début de l’été.
Dans un local technique, les policiers ont découvert seize morceaux de résine de cannabis conditionnés sous forme de cocotte, deux couteaux, une balance ainsi qu’une « savonnette » de stupéfiants. « Tous les éléments laissent penser à un conditionnement destiné à la vente. C’est une saisie “sèche”. Il n’y a pas eu d’interpellation. Mais ce genre d’opérations nous permet de glaner des informations, voire d’identifier des individus en procédant à des contrôles », poursuit le commissaire.
La police nationale a communiqué sur cette opération sur les réseaux sociaux. « Outre la volonté de rassurer les habitants, cette présence policière accrue vise à déstabiliser les acteurs de cette économie souterraine, en leur rappelant que les forces de l’ordre sont présentes en tout temps et en tous lieux », écrit-elle.
Cette présence affichée répond aussi à des tensions qui ont animé ces quartiers. Le dimanche 15 juin, un épisode avait marqué les esprits. Des tirs de mortiers avaient été dirigés vers les forces de l’ordre. « C’était un événement un peu inédit, dans un contexte particulier. Cela reste isolé », tempère le commissaire Oustabassidis, qui constate qu’il n’y a pas eu d’incident notable depuis.


