
SEBASTIEN LAHALLE
« Il y a les charges, l’état de l’appartement, tout ce qu’on paye, les ordures en bas des immeubles » … Stéphane Dada, 52 ans, est excédé. Il est locataire dans la résidence Daniel depuis quatre ans avec sa femme Laurence et ses deux enfants. Reconnu handicapé, il souffre de la maladie de Crohn et de la maladie de Verneuil, et en mars dernier a été victime d’un accident vasculaire cérébral. « Maintenant je ne peux plus marcher seul ou très difficilement avec un déambulateur. J’habite au troisième étage sans ascenseur. C’est une galère ! J’ai fait plusieurs demandes pour un autre logement mais on me répond qu’il n’y a rien ou des logements trop petits. Je suis prisonnier de mon appartement ! », se désespère le quinquagénaire.
Bâtiments vétustes
Dans le bâtiment d’à côté, Fellicia Régnier, 31 ans, maman de quatre enfants attend des réponses elle aussi. Cette fois, les griefs concernent le montant des charges que lui réclame Habitat 17. « Cela fait deux ans que nous habitons ici et ça augmente tous les ans. Nous payons déjà plus de 200 euros de provision chaque mois et avons reçu une régularisation en juillet de plus de 500 euros ! C’est 200 euros de plus que l’année dernière ! ». Même rappel pour Stéphane : « Ça fait près de 3 000 euros de charge par an pour des logements sociaux ! On ne comprend pas, d’autant plus qu’on ne peut pas dire que les bâtiments soient très bien entretenus. C’est vétuste, le ménage des parties communes laisse souvent à désirer, sans parler des poubelles qui débordent ».
Même son de cloche 2 kilomètres plus au nord, à la résidence Philippe. Plusieurs locataires dénoncent un manque de propreté dans leur immeuble. C’est le cas de Monique Megrier, 60 ans et son voisin Lucien Bidet, 61 ans. « Le ménage n’est pas toujours fait. Et quand on se plaint par rapport aux logements insalubres identifiés, pour qu’ils fassent quelque chose et éviter l’apparition d’odeurs et la prolifération d’insectes, ils ne bougent pas et cela fait dix ans que ça dure ! ».

SEBASTIEN LAHALLE
Des situations complexes
Interpellée par « Sud Ouest » le 13 août dernier, la direction d’Habitat 17 a immédiatement réagi. « Nous sommes en effet saisis par des locataires concernant des troubles d’occupation. Il y a deux situations de ce type bien connues à la résidence Philippe. Mais il faut rester prudent car on touche à la vie privée. On prend en charge mais on ne peut tout expliquer aux autres locataires. Ce sont des situations complexes et on œuvre avec des travailleurs sociaux, les CCAS et des tutelles. Des débarras et des nettoyages ont été déjà réalisés à plusieurs reprises et aujourd’hui la situation est stabilisée », explique Xavier Croq, le directeur clientèle.
« Nous connaissons très bien les résidences Daniel et Philippe à Jonzac. Elles font partie de celles où nous échangeons très régulièrement avec les représentants des locataires. Et nous sommes tout à fait disposés à recevoir chacun d’eux quand ils le souhaitent pour répondre à leurs interrogations, notamment sur le montant des charges, et trouver des solutions », assure le directeur général, Mikaël Jungers.
