Aux alentours de midi, les plages, d’ordinaire bondées en plein été, sont étrangement calmes. Les parasols clairsemés se dressent face à une mer d’un bleu éclatant, mais le sable brûlant décourage les plus téméraires.
Pour faire face, chacun s’adapte à sa manière. Patricia a décalé sa journée : « Au lieu d’aller à la plage à 13 heures, je vais y aller un peu plus tard. » En attendant, elle se réfugie à l’ombre d’une tonnelle, un large chapeau sur la tête et une bouteille d’eau à portée de main. Elle esquisse un sourire malgré les gouttes qui perlent sur son front : « On souffre et on sue. »
Sur les routes, les cyclistes pédalent au ralenti. Léo, livreur sur l’île, enchaîne les arrêts dans sa camionnette. « Je n’ai pas la clim donc je me suis acheté un petit vaporisateur, sinon je crame », souffle-t-il.
La canicule bouleverse aussi le fonctionnement des services publics. La Communauté de communes de l’île de Ré a modifié les horaires des déchetteries pour protéger agents et usagers. Les structures accueillant des publics fragiles, jeunes enfants ou personnes âgées, ont reçu et appliquent des consignes de précaution : on s’hydrate et on reste à l’intérieur.
En forêt, la vigilance est de mise. Thomas Tchiboukdjian, agent de l’ONF sur l’île de Ré, insiste : il faut rester attentif au moindre départ de feu. « L’ONF patrouille pour agir au plus vite en cas d’incendie », assure-t-il, conscient que les conditions actuelles augmentent les risques.

