Surpopulation de goélands : Saint-Martin-de-Ré mise sur la stérilisation par drone

Août 7, 2025 | Royan

Depuis jeudi, un vrombissement discret plane au-dessus des toits de Saint-Martin-de-Ré. L’entreprise Cominthesky a été missionnée par la municipalité pour recenser les nids de goélands à l’aide d’un drone. Une opération inédite dans la commune qui marque le début d’un processus de régulation de l’espèce.

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Ce recensement aérien est la première étape d’une démarche plus large : une campagne de stérilisation des œufs est prévue pour le mois d’avril. Mais pour cela, la commune devra au préalable obtenir une autorisation de la préfecture, car le Goéland argenté est une espèce protégée. Jean-Paul Goussard, conseiller municipal, tient à rassurer : « On va travailler avec la Ligue de protection des oiseaux (LPO) pour le dossier en préfecture. » Il précise que le but de cette opération n’est pas d’éradiquer les oiseaux mais de freiner leur prolifération : « On veut réguler les populations. »

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Un oiseau opportuniste, attiré par l’activité humaine

La présence croissante des goélands dans le centre du village commence en effet à susciter l’agacement. « C’est un animal intelligent et feignant », affirme le conseiller. Une combinaison qui expliquerait leur attirance pour les zones habitées, où la nourriture est accessible en abondance. « Il ne faut pas les nourrir ni laisser traîner de nourriture, et aussi bien fermer les poubelles », insiste-t-il. Car, selon lui, la seule stérilisation ne suffira pas si les habitants ne changent pas certaines habitudes.

Le nombre de plaintes à la mairie ne cesse d’augmenter. Outre le bruit ou les vols de nourriture, les fientes posent également problème. Plusieurs restaurateurs font état d’incidents en terrasse, avec des clients arrosés en pleine assiette. Mais ce qui alarme le plus les élus, ce sont les suspicions croissantes d’empoisonnement. « Quatre goélands morts ont été retrouvés ces derniers mois », alerte Jean-Paul Goussard – un chiffre largement au-dessus de la moyenne. Leurs dépouilles ont été envoyées pour analyse. Une inquiétude que partage Marie Tredgeu, habitante du village : « Je sais qu’il y a des gens qui essaient de s’en débarrasser comme ça. »

La municipalité souhaite donc encadrer la réponse au problème. Si la préfecture donne son accord, l’entreprise Cominthesky interviendra de nouveau en avril pour procéder à la stérilisation des œufs. L’opération s’effectuera à l’aide d’un drone spécialement conçu pour cette tâche. L’appareil survole les toits et dépose de l’huile de colza sur les œufs, empêchant leur éclosion. « S’il y a des oisillons dans le nid, nous n’intervenons pas, ce processus agit vraiment comme une contraception », assure Édouard Guilhot, président de l’entreprise de drones. Il insiste : aucun mal n’est infligé aux oiseaux adultes ou juvéniles.

L’ampleur du phénomène devient de plus en plus visible. Après le survol des deux tiers de la commune, plus de 80 nids ont déjà été recensés. Ce comptage permet d’estimer plus précisément l’importance du problème et d’affiner la réponse à y apporter. En parallèle, la municipalité prévoit de mettre en ligne un site Internet pour permettre aux habitants de signaler la présence de nids.