Montpellier : en avant la musique au kiosque Bosc rénové

Juin 20, 2025 | Montpellier

Par

Cédric Nithard

Publié le

20 juin 2025 à 17h01

Ce samedi 21 juin 2025, le kiosque Bosc, sur l’esplanade Charles de Gaulle à Montpellier, retrouvera son lustre d’antan. D’une part avec l’aboutissement d’une restauration conséquente et d’autre part en retrouvant sa fonction première que d’accueillir à nouveau des concerts. Un événement logiquement célébré à l’occasion de la Fête de la musique.

Le kiosque retrouve sa fontaine

Conçu par Marcel Bernard, architecte de la ville à qui l’on doit de nombreuses réalisations à Montpellier, et inauguré en 1927, le kiosque Bosc, du nom du compositeur montpelliérain Auguste Bosc qu’il a lui-même financé en signe de reconnaissance à la ville, vient de connaître une rénovation importante à hauteur de 1,2M€. « C’est un élément du patrimoine qu’il faut préserver au même titre que le Carré Sainte-Anne ou le portail du Jardin des Plantes. Le kiosque Bosc est dans l’imaginaire de tous les montpelliérains mais il n’a jamais été rénové. Il a été seulement cautérisé et ses loges abandonnées » observe Michaël Delafosse.

Le kiosque Bosc retrouve sa fontaine.
Le kiosque Bosc retrouve sa fontaine. (©CN / Métropolitain)

Un maire heureux ce vendredi de remettre en eau la fontaine et ses dauphins en céramique bleue située à l’angle gauche de l’édifice participant ainsi à « l’enjeu de l’esplanade Charles de Gaulle de retrouver son rapport à l’eau dans ses fonctions de rafraîchissement et d’embellissement ». Une esplanade, qui, avec le retour des kiosques alimentaires et des terrasses commence à dévoiler son visage définitif quand les enfants profitent joyeusement des jets d’eau sous le regard amusé des personnes profitant des bancs.

Un chantier patrimonial

Entièrement en béton armé, un des premiers construits ainsi à Montpellier, labellisé Patrimoine remarquable du XXe siècle en décembre 2015, un diagnostic a toutefois détecté d’importance traces de corrosions sur les parties en acier menaçant la structure de l’édifice. Débutée en mai 2024, la rénovation du kiosque Bosc était donc indispensable. « Le défi était d’essayer de restituer les éléments mais avec les normes d’aujourd’hui comme l’accessibilité. On a beaucoup oeuvré dans ce sens mais il y a eu des questions sur tous les éléments » explique Marilyn Gobin.

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Architecte du patrimoine au cabinet AMGAP basé à Castelnau-le-Lez, elle a pu s’appuyer sur les nombreux documents d’une époque pas si lointaine tels des photos et même les plans de conception de l’architecte, ce qui n’est pas toujours la cas dans ce genre de chantier patrimonial. « Cela n’a pas été une difficulté car on avait beaucoup de traces, cela a été un vrai plaisir que de travailler sur cet édifice, voir les photos et redessiner tous les éléments ». Le genre de chantier qui permet de redécouvrir les techniques utilisées à l’époque. « Ces projets emportent beaucoup de personnes et d’entreprises car il y a un vrai plaisir. Quand on a cassé la dalle, l’ingénieur structure était ému de voir les traces des façons de faire qui ont disparu ».

Spécificités du béton

Certains éléments n’ont toutefois pas été évidents à reproduire à l’instar du portail menant aux loges, lui aussi en béton dont certaines parties particulièrement fines et au système d’encastrage complexe. « Il avait été cassé et nous n’avions plus que des photos. Cela ne se fait absolument plus, on a eu beaucoup de mal à trouver une entreprise qui le réalise ». D’autant que ces chantiers patrimoniaux sont habituellement menés, comme ce fut le cas avec le carré Sainte-Anne par exemple, sur des bâtiments en pierre. « Le béton apporte d’autres difficultés avec d’autres pathologies comme la corrosion des fers » explique Marilyn Goblin.

Un portail qui na pas été facile à reproduire explique Marilyn Gobin, architecte du patrimoine.
Un portail qui na pas été facile à reproduire explique Marilyn Gobin, architecte du patrimoine. (©CN / Métropolitain)

Pour traiter cette pathologie, la technique innovante de protection cathodique par courant imposé (PCCI) consiste à envoyer un courant à basse tension au coeur de l’ouvrage permettant de ralentir l’oxydation des métaux et préserver le béton armé. Tout le monde l’observera certainement, les colonnes conservent une apparence différente de la toiture et de la poutre circulaire sur lesquelles a été appliquée une peinture électro-conductrice. L’architecte du patrimoine explique : « C’est un parti pris. On pourrait croire que ce n’est pas fini mais c’est voulu. Sur le béton des colonnes, il y a toute l’histoire du kiosque ». Pas d’inquiétudes donc, le presque centenaire se porte bien.

Le retour de la musique

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Au-delà de la rénovation esthétique, l’opération visait également à redonner à l’édifice sa fonction première. « C’est un kiosque à musique qui a été très bien pensé avec les loges en partie basse, tout le travail pour rabattre le son avec cette grande dalle en béton, les luminaires… L’architecte Marcel Bernard a vraiment tout composé dans les détails » souligne Marilyn Gobin.

Les locaux techniques et les loges en sous-sol retrouvent leur fonctionnalité.
Les locaux techniques et les loges en sous-sol retrouvent leurs fonctionnalités. (©CN / Métropolitain)

C’est ainsi que les locaux techniques et loges d’artistes en sous-sol, au-delà de retrouver leur aspect art déco, sont désormais à nouveau fonctionnels. Jusqu’à la trappe du souffleur dans les coursives. Une grande satisfaction pour Michaël Delafosse qui entend faire du lieu un élément à part entière de la programmation culturelle de Montpellier en imaginant des concerts d’élèves du Conservatoire, de chorales ou de chanteuses lyriques les samedis après-midi. L’inauguration ce samedi à 18h à l’occasion de la fête de la musique en donnera un joli aperçu tout comme prochainement les concerts gratuits dans le cadre du Festival Radio France.

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