« Tolérant et bon gestionnaire »
Commençons au marché central, par la jeunesse de Veri Matesvosyan, 19 ans, d’origine arménienne : « Je suis très triste de son départ. J’ai cru à une blague. J’ai beaucoup apprécié son écoute et sa tolérance vis-à-vis de notre association arménienne. Je trouve qu’il incarnait l’esprit d’accueil de cette ville ». François, 63 ans n’a pas souhaité donner son nom de famille. Mais ce commerçant du centre-ville livre une analyse réfléchie du choix du maire divers gauche. « J’ai toujours eu du respect pour lui. C’est un ancien sportif de haut niveau, un capitaine d’industrie qui sait gérer et comprend les budgets. Mon regard est plutôt positif car j’ai la chance d’habiter en centre-ville. Son choix de proposer une cité presque sans voiture a fait du mal aux commerces et à celles et ceux qui vivent en périphérie. Ce départ à un an de la fin de son mandat ? Il faut le respecter. Il a forcément ses raisons. Pour moi, il réserve un chien de sa chienne à Falorni en permettant au maire intérimaire de mieux se faire connaître des Rochelais (NDLR, celui qui fera la transition jusqu’aux prochaines élections municipales de 2026) ».
« Il n’a pas été transparent et ça laisse imaginer beaucoup de choses »
Ils sont pléthores à être moins tolérants et ne pas comprendre ce départ. « Je pensais qu’il se représenterait dit Solène Sizaire, 52 ans. Ses explications ne sont pas claires. Je suis déçue car c’est un maire que j’ai apprécié. Il quitte la mairie, reste président de l’Agglo…. C’est étrange, c’est comme s’il abandonnait le navire sans le quitter vraiment ». Hanae Gobert, 35 ans est sur une ligne similaire. « Je n’arrive pas à percer le fond de sa pensée. Il n’est pas transparent. Et ça laisse imaginer beaucoup de choses. Des soucis de santé ? Des choses compromettantes ? Il aurait vraiment gagné à être moins flou. À brûle-pourpoint, je me demande si ce n’est pas la polémique liée à la pollution de l’ex site Enedis en centre-ville qui l’a atteint ».
« Pas besoin de Doliprane »
Martine Lemercier, 73 ans, est également interloquée. « Sur le moment je n’ai pas compris, même si j’entends qu’il octroie à son dauphin la possibilité d’acquérir de la notoriété d’ici 2026. Il en aura besoin car son plan voiture a fait beaucoup de mal ». En marge de cette pléthore d’avis, ils sont nombreux à nous envoyer gentiment balader. « Je n’ai rien à dire sur ces politiques. Tous des pourris, des calculateurs. Ils ne m’intéressent pas ». Allez hop, on range le calepin et on poursuit notre quête du côté du marché de Villeneuve-les-Salines.
Kamal Joua, 53 ans s’intéresse de près à la chose publique. On l’a constaté, c’est certain. Figurez-vous qu’il ignorait que JFF avait démissionné ! « C’est incroyable. Je suis choqué. C’est un maire qui a transformé la ville. Du point de vue social, il a fait le taf. Allez voir à Dijon, Marseille ou Bordeaux le niveau de délinquance. Ici, on est pour l’instant épargné et il y est un peu pour quelque chose ». Kamal est étonné par le nombre restreint de candidats à sa succession dans le clan de la majorité municipale (NDLR, une majorité qui a désigné mardi soir le 8e adjoint de la Ville Thibaut Guiraud au détriment du 4e, Christophe Bertaud). « D’habitude ils se battent tous pour emporter le morceau ».
Marie-Jeanne Patrier, 74 ans s’esclaffe : « Je l’ai servi pendant 7 ou 8 ans au restaurant Cargo des Minimes. Il n’était pas très sympathique. En revanche, lui et ses services ont été très réactifs et efficaces en 2021 quand je leur ai demandé de faire cesser les rodéos urbains dans le quartier ».






