Le téléphone sonne dans le vide et les barrières d’entrée restent tristement fermées. Depuis la réception des résultats du test PCR réalisé le 15 mai sur un cheval du club de La Jarne, la Société hippique d’Aunis La Rochelle (SHA) a immédiatement stoppé ses activités. L’équidé souffre de rhinopneumonie équine, une infection respiratoire très contagieuse. « Ce virus est très répandu dans les effectifs équins, précise le Réseau d’épidémio-surveillance en pathologie équine. Des études ont d’ailleurs montré que 60 à 70 % des chevaux adultes étaient porteurs de virus sous forme latente. »
À La Jarne, même si le virus relève de la catégorie la moins grave, le centre équestre a préféré jouer la carte de la prudence. « Les chevaux suspects ou potentiellement contagieux furent mis en quarantaine dans le strict respect des recommandations sanitaires, écrit le club sur son site Internet. Depuis le 15 mai, aucun cheval n’est entré ni sorti du centre équestre, afin de contenir toute propagation éventuelle du virus. Des mesures sanitaires rigoureuses ont été mises en place dès le premier cas détecté et nous poursuivons un suivi constant des températures de tous les équidés. »
« La situation se rétablit »
Le 29 mai, la SHA rassure. « La situation se rétablit et aucun nouveau cas n’a été déclaré au sein de notre écurie. Néanmoins, par mesure de précaution et dans le souci de préserver leur santé, nous avons choisi de prolonger la suspension des leçons. »
Le club doit faire face à des coûts supplémentaires importants : « tests PCR, équipements sanitaires, protocoles de désinfection renforcés et soins vétérinaires », liste-t-il. Une cagnotte solidaire a été ouverte sur le site Internet Helloasso. Le centre équestre devrait rouvrir ses portes aux licenciés ce lundi 2 juin. Néanmoins, par mesure de précaution, le championnat Atlantique des 8 et 9 juin est annulé.
Du côté de Royan
Le gérant du centre équestre royannais du Maine Gaudin, Jacques Couderc, ne veut pas être alarmiste mais « sans se voiler la face ». Pour lui, il ne faut pas prendre à la légère cette épidémie mais ne pas non plus en faire trop. Ça tombe en tout cas au plus mauvais moment puisqu’un concours national de sauts d’obstacles est organisé à partir de la semaine prochaine avant des concours internationaux à la fin du mois. « Bien sûr que ça va impacter le nombre d’inscriptions », avoue celui qui n’a cependant pas voulu prendre de risque en supprimant la semaine dernière un concours club dont il pouvait à la rigueur se passer.
Dans un contexte compliqué, Jacques Couderc compte sur les éleveurs et les cavaliers pour prendre toutes les mesures de protection nécessaires. « Pour les concours on a mis en place un protocole assez rigoureux. La température des chevaux doit être prise tous les jours pendant trois jours avant la compétition et pendant. Les résultats seront affichés sur les boxes », insiste-t-il.
Par ailleurs, la proximité des chevaux sera limitée dans les écuries. Et pas plus de huit équidés seront présents en même temps au paddock. L’objectif étant de limiter les risques.
