Le samedi 24 mai 2025 se tenait le Waya festival à Montpellier. Une journée dédiée à la musique, la danse, et plus largement la culture latino américaine où jusqu’à 2 500 festivaliers se sont réunis au parc Montcalm. On y était, on vous raconte.
On s’y croyait. Entre tonalités reggaeton, effluves de chili et conversations en espagnol… le Waya festival promettait à ses visiteurs une immersion en Amérique latine. Le parc Montcalm accueillait 2 500 festivaliers entre midi et une heure du matin pour 13 heures de musique et de danse. On y était pour vous, et pour s’assurer que le Waya respectait son credo : « Nous, ensemble ! »
Deux scènes, 2 500 festivaliers
Dès le début de l’après-midi, dans un parc Montcalm, certes modestement rempli, les festivaliers les plus amoureux du Waya ont commencé à se réunir sur les pelouses. Toute l’après-midi, deux scènes étaient ouvertes : « Scenita des arbol » et « Escena del sol ». La première, plus petite, faisait office de tremplin, devant laquelle on a pu entendre une reprise de Bella Ciao qui a donné le ton politique du festival. La seconde, plus grande, accueillait les têtes d’affiche et qui, elle, est restée ouverte jusqu’à une heure du matin. Cinquante artistes sont montés sur scène, des moins au plus connus, pour finir avec des têtes d’affiche bien connues des adeptes de la musique latine.
On a pu entendre Giramundo, le trio nommé aux Victoires du reggae 2020, Lucky Salvadori, l’ancien guitariste de l’emblématique Manu Chao, Somos Gente MTP, pros de la salsa, les Montpelliérains Animal Random et Loïs Hammel ou encore le duo marseillais Bajafrequencia. Une sélection musicale à retrouver sur Spotify.
Cumbia, reggaeton, salsa, electro tropical, latin rock, perreo, latin urba, & fusion… L’occasion de découvrir ou de redécouvrir des genres musicaux. Beaucoup d’hispanophones étaient présents. Une importante partie de la communauté colombienne de Montpellier notamment, même si on a également pu croiser (et tenté d’échanger) avec des ressortissants vénézuéliens, argentins, chilien et même un très sympathique groupe de Salvadoriens.
Un festival engagé
Un tel mélange culturel était le terrain parfait pour échanger des idées. Côté politique, l’orientation du festival était sans équivoque : antifascisme, opposition à l’extrême droite.
Au comble de cette fronde contre les pires relents du XXe qui gagnent du terrain dans le monde : Chocolate Remix. Une artiste argentine qui ne s’est privée de hurler « antifascista » entre deux sons fièrement engagé contre le président Javier Milei. L’an dernier, la BCC la nommait parmi les 100 femmes les plus inspirantes du monde.
Ce qui nous a marqués, en plus de cette immersion dans la culture latine et le panel d’artistes engagés sélectionné, c’est la création d’un village intergénérationnel, loin de l’image du festival où seuls les plus jeunes sont à l’aise. Pas de boue, de basses assourdissantes, d’insécurité… La centaine de bénévoles mobilisée pour la journée, ainsi que l’équipe de sécurité professionnelle, ont su créer un espace où tout le monde était le bienvenu. On a pu voir, jusqu’à tard le soir, des enfants jouer autour de la zone « El pueblito », ou encore de l’espaceFood-trucks, où leurs parents, et même leurs grands-parents, étaient attablés autour d’empanadas et autres nachos.
Devant eux : le cocktail signature du festival : la Waya’gria, qui n’a pas suscité de troubles particuliers. Pas de violences, de comportements déplacés… et même un stand dédié à la prévention. Quid de l’impact écologique du festival ? Il se voulait le plus faible possible, avec les moyens du bord : toilettes sèches, ecocups et pas de groupe électrogène. « On fait ce qu’on peut et on fait de mieux en mieux », nous a-t-on glissés.
Organisé par l’association montpelliéraine Maad, le Waya festival est à but non lucratif et dit ne dégager aucun bénéfice de l’évènement pour lequel elle proposait des places de 0 à 25 euros. Il repose sur ses partenaires : la ville et le département, mais aussi la banque populaire du sud, Yoot ou encore Pernod Ricard. On retiendra de la soirée un seul désagrément notoire, car il en fallait bien un : une petite latence entre les artistes qui pouvaient casser un peu l’entrain des festivaliers. Et quelques problèmes, épars, de micro. Une quatrième édition somme toute très réussie. En tout cas, on n’a vu personne bougonner.
